Nouveau fer de lance de Prime vidéo, la nouvelle série adaptée des écrits de Garth Ennis frappe fort là où ça fait mal ! Rangez tout ce que vous connaissez ou avez-vu sur les séries et autres films de super héros, ici la réalité est tout autre, et sa dureté n’en est que plus plaisante.

Dans un monde où les super-héros existent, les Seven, la plus grande équipe de vengeurs masqués, appartiennent à une entreprise qui en a fait la marque la plus connue de la planète. The Deep, Queen Maeve ou encore le surpuissant Homelander combattent les méchants mais s’empressent surtout de vendre une image. Produits dérivés à la pelle et partenariats en tout genre, ces supers célébrités rapportent en effet des milliards. Mais ces super gentils ne le sont pas vraiment. Terriblement corrompus, ils sont aussi immoraux, pervers, drogués, méprisants, bref super pas gentils et carrément dangereux. Compte tenu de leurs pouvoirs, il faut une patronne comme Madelyn Stillwell avec une poigne de fer pour les tenir en laisse. Enfin plus ou moins car ces super héros n’en font qu’à leur tête pendant que le service marketing et communication répare et gère les dégâts, et tant pis pour les dommages collatéraux. Mais pendant que le monde les adule, un groupe d’humains décide de dévoiler leurs vrais visages et de faire tomber la mascarade…

The Boys va donc gentiment massacrer les super héros de notre enfance. On défonce les images de Captain America et Superman, démolit Aquaman et Flash sans oublier Wonder Woman au passage. Après la religion dans Preacher, c’est bien les super héros qui sont mis à mal dans cette production Prime très réussie. Les icônes de la pop culture américaine au compas moral toujours impeccable sont ici de vraies ordures parfaitement intégrées au réalisme et au cynisme de notre époque capitaliste. Une respiration bienvenue à l’heure ou les productions Marvel s’en tiennent à leur formule et s’enchaînent sans rien apporter de « super » depuis longtemps (coucou Captain Marvel).

Les sept merveilles du monde

Le duo Seth Rogen / Evan Goldberg dirige la production tandis que Eric Kripke (Supernatural, Révolution) a été choisi pour être le showrunner. Garth Ennis est d’ailleurs associé au projet puisqu’il est crédité en tant que producteur exécutif. Le style irrévérencieux du comics est bien là, et comme pour The Preacher dont s’occupe déjà ce duo, le trash du comics est aussi présent, la série n’hésite pas à y aller de manière franche pour briser l’image toute puissante de nos héros. Évidemment, ils s’agit d’une adaptation et la série ne vas pas aussi loin que le pouvait le comics, mais l’esprit y est, et la violence tant morale que physique de certaines scènes bien représentées.

Entre génie et débilité, entre force incroyable et moment de faiblesse, le casting est une surprise. Homelander par Antony Starr peut d’un seul regard vous glacer le sang et donne à redire sur l’adage « De grands pouvoir impliquent de grandes responsabilités ». A-Train, campé par Jessie Usher est une superbe parabole sur le dopage et la pression des sportifs de haut niveau, Chace Crawford en The Deep incarne la masculinité toxique et est un parfait abruti victime de son ego. Queen Maeve, incarnée par Dominique McElligot est aussi forte que faible et Elisabeth Shue en vice-présidente de Vought incarne une femme forte jouant de ses atouts, mais est pervertie par le gain, la réussite et le pouvoir. Erin Moriarty est excellente pour jouer Stella, la petite nouvelle naïve découvrant l’envers du décors. Sans oublier la bande des garçons, entre un Karl Urban habité en Billy et Jack Quaid parfait pour Hughie. Bref, mis à part quelques rôles plus anecdotiques mais faisant le job, le casting est une franche réussite. Les acteurs viennent mettre en valeur une écriture aux petits oignons. Outre le fil rouge de l’histoire, chaque personnage soulève un propos et à quelque chose à dire, un vrai régal.

Avec un propos génial et des acteurs au top, cette variation politiquement incorrecte de l’univers super héroïque est jubilatoire à suivre. La première saison se mange très rapidement, les épisodes s’enchaînent avec un rythme infernal et on en redemande. Pas de panique, une deuxième saison est d’ores et déjà prévue et Amazon a eu le nez creux en renouvelant le show avant même sa diffusion. The boys est un bon coup de latte qui fait du bien, vite la suite !

The Boys

Génial
8

Vin's

8.0/10

On a aimé

  • Bien écrit
  • Un casting parfait
  • Une excellente relecture des comics
  • De vrais bons moments

On a moins aimé

  • On reste sur sa faim
  • Quelques erreurs techniques
  • Certaines choses ne sont pas assez développées, la saison est courte

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