La dynastie des Shelby

Récap Peaky Blinders saison 1 à 3, produite par BBC, distribué en France par Netflix avec comme showrunner Steven Knight.

Peaky Blinders se place en 1919 à Birmingham. Dans un contexte de fin de Première Guerre mondiale, soldats, révolutionnaires, politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-guerre. Une violente révolte se prépare, ce qui oblige Winston Churchill à dépêcher plusieurs unités d’élites pour contenir ces menaces. Parmi ces unités, la famille Shelby, au sommet d’un gang redoutable.

Steven Knight

Connu sous le nom de « Peaky Blinders » en rapport avec les lames de rasoir cachées sous leurs bérets, la famille Shelby est considérée comme le shérif dans la ville et plus particulièrement dans le petit quartier de Small Heath qu’ils utilisent comme QG. Vols, rackets, marché noir, paris truqués, trafic d’armes sont autant d’activités pratiqué par le gang. Thomas « Tommy » Shelby (Cillian Murphy) et ses deux frères, Arthur (Paul Anderson) et John (Joe Cole) reviennent tous les  trois de la guerre avec leurs lots de traumatismes. Chacun a une façon différente de gérer ses sentiments, et c’est ici que se trouve le drame. Le plus âgé le vit très mal, le plus jeune le vit trop bien, et celui du milieu ne montre rien. Maternés par leur tante qui tente comme elle peut de les empêcher de retomber dans la violence. Bien que n’étant pas l’aîné des frères, Tommy est un leader né capable de prendre de prendre les décisions qui s’imposent pour le bien de sa famille et c’est donc pour ces qualités qu’il est à la tête des Peaky Blinders. Gangsters en costume trois pièces et montre à gousset, les Shelby arborent le look des hooligans du début du XXe siècle : cols blancs et ronds, pantalons courts, cheveux longs au-dessus, rasés sur les côtés.

Récap Peaky Blinders

La scène d’ouverture du tout premier épisode montre Tommy chevauchant un majestueux étalon noir. Dans le quartier où il règne en maître, on s’écarte sur son passage, on se cache, on s’incline avec des « Good morning mister Shelby ». Le roi Tommy porte, en guise de couronne, une casquette grise avec des lames de rasoir cousues dans la visière (peak), l’arme redoutée de son gang. Cette scène donne le ton, entre poésie crasseuse et violence stylisée. Peaky Blinders en met plein la vue avec son style visuel baroque et très sophistiqué qui peut évoquer notamment le style hyper-moderne de Guy Ritchie sur des films comme Rock N’Rolla et Sherlock Holmes. Les décorateurs et réalisateurs ont ainsi tout fait pour faire ressembler Birmingham à une sorte d’enfer terrestre.

Véritable western industriel, Peaky Blinders se donne des airs de comédie musicale tant les gestes des ouvriers du Black Country sont chorégraphiés, évoluant dans un décor de cinéma gris et or, boue et feu. La bande originale est en parfaite adéquation avec ce cadre londonien d’après-guerre : chaque débuts d’épisodes est consacré à une introduction centrée sur Tommy traversant une Birmingham aux usines fumantes sous le blues crasseux de Nick Cave and the Bad Seeds. Beaucoup d’autres groupes comme White Stripes, Tom Waits, PJ Harvey, Arctic Monkeys ou Black Keys apportent une vraie modernité anachronique assumée à cette série « historique ».

Peaky Blinders

7.5

Lear

7.5/10

On a aimé

  • La mise en scène époustouflante
  • La psychologie des personnages et leurs évolutions
  • Le réalisme de la photographie
  • Le casting de plus en plus alléchant
  • Le choc entre le visuel et la musique

On a moins aimé

  • L'écriture de la saison 3 moins inspirée
  • Des dialogues pas toujours subtils

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