Critique Peaky Blinders saison 4, série produite par la BBC avec comme showrunner Steven Knight, diffusée en France par Arte et disponible sur Netflix.

Après une troisième saison un peu décevante placée sous le signe de la bourgeoisie et des (trop) nombreux complots, la famille Shelby retourne à ses origines et doit maintenant faire face à un ennemi impitoyable : la mafia italienne.

critique peaky blinders saison 4

Conscient que la saison 3 n’était pas une réussite, Peaky Blinders opère un virage à 90° en nous proposant un retour aux sources pour une famille installée trop confortablement dans la bourgeoisie. Dans la saison 4, Steven Knight, showrunner de la série, prend un malin plaisir à contraindre ses personnages embourgeoisés à retourner dans leur environnement naturel, qui n’est autre que le Small Heath des débuts. Le cadre est planté, reste maintenant à développer une intrigue qui arrive à nous tenir en haleine. On pourrait penser que 6 épisodes pour raconter la vendetta d’une mafia italienne contre une famille Shelby plus opposée et isolée que jamais, c’est très peu. Et bien détrompez-vous ! C’est bien assez, voire même un peu trop. Car malgré un cadre qui nous ramène aux origines et un scénario somme toute intéressant sur le papier, cette saison traine en longueur et peine à développer une intrigue qui nous tienne en haleine, la faute à une saison 3 qui est venu caricaturer à jamais les personnages de Peaky Blinders.

critique peaky blinders saison 4

Malgré un début de saison en fanfare avec un premier épisode prodigieux qui vient effacer tous les doutes semés par la saison 3, Peaky Blinders peine par la suite à nous raconter cette vendetta entre la mafia italienne et les Shelby. Les enjeux sont complétements désamorcés par un rythme trop irrégulier qui vient souvent briser la tension qu’ils essaient d’installer. C’est dommage car cette tension est belle et bien palpable mais elle est souvent balayée d’un revers de la main par une scène servant une sous-intrigue complétement inutile… La réalisation et la mise en scène sont quant à elles toujours aussi efficaces, d’autant plus que l’on retrouve le cadre familier et crasseux des saison 1 et 2. Malheureusement, ce « retour aux sources » est clairement gâché par un scénario et des personnages mal écrits et mal développés, ce qui est incompréhensible tant les premières saisons peuvent être qualifiées de chef d’œuvre d’écriture.

critique peaky blinders saison 4

Restons pragmatique, passé la déception de l’écriture, la saison reste plutôt bonne dans l’ensemble avec notamment des acteurs particulièrement en formes. Les clins d’œil au Parrain et aux Affranchis ne manquent pas, mais restent assez subtils malgré tout. Adrien Brody montre une facette de son jeu qu’il a peu développée jusqu’ici. L’acteur du Pianiste et du Darjeeling Limited a rarement joué les méchants, mais il prouve ici que ça lui va très bien. Extrêmement menaçant, aussi bien verbalement que physiquement, il en impose, même face à un Cillian Murphy toujours aussi froid et calculateur. L’excellent Aiden Gillen (Game of Thrones) débarque dans le casting comme un boulet de canon en campant la terreur des Gitans, Aberama Gold. Du côté féminin, l’arrivée de Jessie Eden, communiste et femme forte interprétée par Charlie Murphy est bluffante. La rencontre entre Tom Hardy, Cillian Murphy et Aiden Gillen se hisse comme l’une des scènes les plus succulentes de cette saison, et rappelle celles de la saison 2 entre Alfie et Tommy par la grande qualité des acteurs et le plaisir qui transparaît de jouer de tels instants jouissifs.

Une saison mi-figue mi-raisin pour ce retour aux sources de la famille Shelby, avec un début de saison et un final qui prouve que Steven Knight est bel et bien capable de sublimer l’écriture de ses personnages et leurs intrigues. Le problème réside dans le cœur de la saison, vous en conviendrez, le plus important. Le développement s’apparente à une coquille vide de toute substance tant l’écriture y est trop caricaturale pour impliquer le spectateur dans ce drame qu’il est supposé vivre après les évènements du premier épisode. On a du mal à ressentir la peine, la colère et toute les émotions qui devraient submerger les personnages. Trop souvent noyés dans des sous-intrigues à l’écriture discutable et surtout inutiles. Alors oui, la bande originale est toujours aussi pêchue, les acteurs (surtout Cillian Murphy et Adrien Brody) y sont excellents et l’ambiance de Small Heath est toujours aussi irrespirable ! Ce jugement pourra vous sembler très dur voir injuste, mais après des saisons 1 et 2 aussi parfaites sur tous les points, il est très dur d’avaler des saisons 3 et 4 aussi inconstantes dans leur écriture. 

Peaky Blinders

7

Lear

7.0/10

On a aimé

  • La Bande Originale qui décoiffe
  • Le Casting de choix
  • La mise en scène toujours aussi spectaculaire
  • Le retour à Small Heath

On a moins aimé

  • L'écriture souvent à côté de la plaque
  • Les personnages caricaturés
  • Les sous-intrigues inutiles

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