Après une première saison qui avait su nous séduire début 2018 et après deux ans d’attente pour retourner dans ce monde cyberpunk hyper intéressant, c’est la semaine dernière qu’est enfin sortie la saison 2 de Altered Carbon, toujours d’après le roman éponyme de Richard K. Morgan.

Après la fin d’une bonne première saison, et si la promesse de la découverte des colonies ou la future quête de notre héros avait pu nous emballer, nous étions néanmoins inquiets quant à la pertinence d’une suite visiblement bien différente et qui ne tenait que sur la recherche de Quellcrist Falconer. Forcé de reconnaître que nos inquiétudes étaient fondées, cette suite n’est pas à la hauteur. Une déception surtout imputable au scénario et à l’écriture de cette saison 2, bien moins riche et profonde que l’enquête à Bay City.

Une enveloppe pré-timbrée avec accusé de réception

critique altered carbon saison 2

Prenant place 30 ans après l’affaire Bancroft, Takeshi Kovacs a maintenant changé d’enveloppe. C’est désormais Anthony Mackie qui enfile le rôle principal. Un bon acteur qui nous avait habitué à mieux car s’il n’est pas mauvais et fait ce qu’il peut, la comparaison avec le premier interprète n’est clairement pas en sa faveur. Une meilleure écriture, ce côté « j’men foutiste », le ton sarcastique qui le caractérisait, tout comme le charisme de Joel Kinnaman et sa carrure imposante en faisait un personnage badass dans lequel le Faucon du MCU peine à être convaincant. Il faut dire que dans cette saison il passe le plus clair de son temps les bras croisés, plus occupé à faire la moue ou à prendre tarif. Le dernier Diplo perd beaucoup de sa superbe une fois arrivé sur Harlan, et c’est bien dommage.

C’est le retour de Will Yun Lee qui mettra tout le monde d’accord, le Takeshi Kovacs original est toujours parfait dans son rôle. Renée Elise Goldsberry dans la peau de Quell reste sur une prestation dans la lignée de la première saison, et Chris Corner en Poe, quant à lui, vient simplement sauver la saison. C’est simple, L’IA est le meilleur personnage de cette saison 2 de Altered Carbon et apporte l’arc secondaire le plus intéressant et le plus touchant.

critique altered carbon saison 2
Le Takeshi Kovacs original est toujours aussi bon

L’erreur de destinataire

Le reste du casting manque cruellement de présence, surtout quand la réalisation et le scénario tente d’en faire de réelles menaces. Danica Harlan, la gouverneure interprétée par Lela Loren tient plus du méchant venu de Arrow que de la femme forte manipulatrice et inquiétante qu’elle est supposée être. Joué par Torben Liebrecht, le Colonel Carrera n’a pas de charisme et mis à part sa propension à tuer tout ce qui bouge avec son commando d’élite pour justifier quelques cabrioles inutiles, il ne sert pas à grand chose. Les enjeux et antagonistes de cette saison ne l’aide donc pas à être passionnante, et ce qui se passe autour d’eux n’est pas non plus à la hauteur de l’univers, une vraie douche froide.

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Danica Harlan semble tout droit sortie d’un épisode de Arrow, un personnage raté sur tous les points.

Les maths et toute la réflexion qui entourait cette caste ultra-riche et leur gain de l’immortalité avec les excès qui les caractérisaient ne sont plus dépeint. En règle générale, les personnages n’apportent plus ces quêtes et propos secondaires, de ce fait cela nuit cruellement à la saison. Des idées supplémentaires telles que celles développées par Ortega avec sa famille lors de la fête des morts ou encore Elliot et sa fille bloquée dans une réalité virtuelle en situation post-traumatique. Ici rien de tout ça, il y a bien deux-trois choses de mentionnées, mais on perd beaucoup de ce qui rendait cet univers cyberpunk si riche, intéressant et passionnant.

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Poe détient l’arc le plus intéressant de la saison

Quid de la société corrompue et contrôlée par les corporations ? Que nenni ! Le complot politique qui semble se tenir sur Harlan retombe comme un soufflet. Tout se déroule sans surprise et quand les ficelles sont trop grossières, cela rend les événements prévisibles et on réalise alors que le scénario est terriblement convenu. Un récit simplifié à l’extrême faisant la part belle à l’action, alors qu’il aurait été intéressant de découvrir les soubassements politiques de ce monde et comment celui-ci fonctionne à l’heure des piles corticales. Seul l’arc de Poe et de Fouille 301 (merci la VF) est intéressant à suivre car ces IA montrent finalement plus d’humanité que les humains eux-même et le dilemme que Poe traverse le rend touchant.

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Le genre de plan malheureusement trop rare

On retrouve d’ailleurs ce manque d’ambition dans le visuel de la série. La réalisation est parfois pêchue lors des scènes d’actions mais Harlan est bien moins visible que Bay City. La faute à un manque de plans larges, de Takeshi qui se promène dans la ville et à une architecture ainsi que des décors bien moins impressionnants. On a l’impression que la saison se déroule dans trois décors et demi alors que la première nous avait habitué à une beauté plastique magnifique. Peut-être est-ce du à un manque de budget, mais ces moments « à la Blade Runner » manquent aussi, on ne retrouve pas du tout cette ambiance de la première saison. Si certaines scènes d’actions restent impressionnantes et rares pour une série, avec quelques beaux moments point de vue chorégraphie, l’univers autour n’est pas assez développé et les enjeux arrivent bien trop tard pour vraiment faire de cette saison un must-see.

La saison 2 de Altered Carbon est moins riche, moins dense, moins profonde et moins intéressante que la première saison. L’écriture insuffisante n’aide certainement pas et le manque de profondeur touche aussi les personnages, certains en deviennent complètement inutiles. Ajoutez à cela un casting très moyen, la faute à de mauvais choix et un manque cruel de charisme. Il devient difficile de la défendre. Quelques bonnes idées subsistes néanmoins, et ce que cette saison perd en propos elle le gagne en action.

Laeta Kalogridis a décidé de favoriser le divertissement à la réflexion, avec une formule très Disney/Marvel, et si les phases d’actions sont spectaculaires et bien plus nombreuses qu’auparavant, on ne s’attache pas autant à ce qu’il se passe à l’écran. Altered Carbon c’est pas une série CW qu’on regarde par dessus la jambe en faisant autre chose, excusez du peu. En résulte une saison 2 trop différente et qui manque aussi d’ambiance. Trop de manques pour contenter le fan. Une déception claire et nette, en espérant que cet univers fascinant est le droit à une troisième saison qui viendrait corriger le tir…

Altered Carbon saison 2

Décevant
5

Vin's

5.0/10

On a aimé

  • L'action souvent spectaculaire
  • Will Yun Lee impeccable
  • Quelques bonnes idées

On a moins aimé

  • L'écriture
  • Des erreurs de casting
  • Un scénario convenu
  • Moins beau et flamboyant
  • Un univers qui n'est pas assez exploité

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