Critique de Petit Pays, écrit par Gaël Faye, de Anatole, disponible chez Grasset.

Découvrir Petit Pays de Gaël Faye en 2018, c’est entamer un succès critique et public datant de deux ans. Qu’importe, il n’est jamais trop tard pour aborder cette œuvre.

Petit Pays est le premier roman de Gaël Faye. L’écrivain franco-rwandais aux multiples talents est avant tout un chanteur, rappeur mais aussi compositeur. Nommé aux victoires de la musique 2018, l’artiste a également été financier à la City de Londres.

Gaël Faye évoque le petit pays où il est né et qu’il a fui : le Burundi. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le roman n’est pas autobiographique, Gaël Faye et son personnage partagent leurs origines, pas leur histoire.

Résumé

À travers le récit de Gabriel, ce petit garçon et sa bande de potes dans leur impasse, c’est la guerre civile qui se profile et le génocide des Tutsis dans le pays voisin, le Rwanda.

L’enfance douce de Gabriel s’écoule paisiblement dans son paradis aisé et confortable, habité par une majorité d’expatriés. Son père est français et sa mère rwandaise, cette dernière devine les événements à venir et tanne le père pour qu’il envoie ses enfants en France. On ne peut qu’espérer avec elle que le père exile sa progéniture loin du tumulte grandissant. Personne n’y échappera.

Le bonheur se dissipe rapidement, on passe de l’éclatement d’une famille au déchirement d’un pays. La bande qui s’amusait à voler des mangues chez la voisine se divise pour jouer à la vraie guerre ; Gabriel esquivera cette violence grâce aux livres. Son quotidien change, avec sa sœur, ils dorment désormais dans le couloir pour éviter les balles perdues.

L’histoire de Gabriel est dramatique, sanglante, choquante, à l’image de celle de son pays : le Burundi. On découvre les horreurs du Rwanda grâce au récit glaçant de la mère partie y chercher sa famille, elle reviendra seule, ayant même laissé une partie de sa raison sur sa terre natale.

L’escalade de l’horreur est sans fin, jusqu’à l’épilogue assénant le coup de grâce.

Avis

On ne décroche pas de ce livre bouleversant qui se lit avec facilité. Cette lutte ethnique fratricide d’un peuple nous est racontée avec beaucoup de pudeur et de poésie. Naturellement, on trouve de petites maladresses entre les lignes, on pardonne vite ; c’est un premier roman. Le personnage principal n’est pas sans reproche. Il commet des erreurs d’enfant gâté, ou d’enfant tout court, refusant, niant ce monde qu’est devenu son paradis perdu. On referme le livre en étant déboussolé, les yeux humides, percutés par la barbarie humaine.

Sorti chez Grasset pour la rentrée littéraire de 2016, Petit Pays rafla alors de nombreuses récompenses, le Prix du roman Fnac, le Prix du premier roman français et le prix Goncourt des lycéens.

Ce dernier étant le plus convoité par les éditeurs ; c’est celui qui se vend le mieux. Et Petit Pays s’est bien vendu, les droits ont également été achetés par une vingtaine de pays (disponible en Roumain depuis mars).

Interview de Gaël Faye lors de la rentrée littéraire

Petit Pays

de Gaël Faye
9

Anatole

9.0/10

On a aimé

  • Agréable à lire
  • Attachement grandissant aux personnages imparfaits
  • Dramatique mais jamais pathétique

On a moins aimé

  • Quelques coquilles
  • Légèrement abrupt sur la fin

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