Test de Ghost of a Tale, disponible sur Steam, testé sur PC par Lear.

Ghost of a Tale est un jeu d’action/aventure avec des notions RPG et infiltration dans lequel vous incarnez Tilo, une souris ménestrel à la recherche de sa compagne Merra. Le développement du jeu à débuter il y a presque cinq ans avec Lionel « Seith » Gallat qui commençait la campagne de son jeu via Indiegogo. Un projet de grande envergure pour un ancien de Dreamworks et Universal bien décidé à changer de carrière afin de se consacrer entièrement au jeu-vidéo. En cours de route, il sera rejoint par d’autres collègues qui s’occuperont principalement de la programmation, de la bande-son ou encore de l’écriture des aventures de Tilo. Le titre est une belle surprise et réussit à nous immerger par sa féerie, ses personnages et leurs écritures complétement loufoques qui fait de Ghost of a Tale un jeu dont on se souviendra longtemps.

Souris City

Ghost of a Tale est un jeu créé par l’intermédiaire de la plateforme de financement Indiegogo. Grâce à la plate-forme, Lionel Gallat aura amassé au total la modique somme de 48 700 euros alors qu’il n’en souhaitait à la base que 45 000. Ce n’est pas pour autant que la route fût simple : prévu à la base pour la fin 2014, c’est finalement le 13 mars 2018 qu’il sortira dans sa version définitive sur PC (Steam, GOG et Humble Bundle). Les versions PS4 et Xbox One sont quant à elles prévue pour cette année sans plus de précision. En majorité développé par une seule personne (Lionnel Gallat), le titre indépendant Ghost of a Tale réussit le pari de créer un univers unique et très attachant. Dès le début du jeu on sent que nous sommes propulsé dans un univers original. Le personnage principal, Tilo, est une petite souris adorable qui va devoir s’évader de prison pour retrouver sa tendre et chère épouse Merra. Pour cela, vous devrez compter uniquement sur votre discrétion car dans le titre, il n’est pas question de combattre mais bien de se faufiler, de se cacher, de filouter telle une petite souris afin de ne pas vous faire repérer par ces rats en armure qui vous traqueront s’ils vous repèrent (un peu à l’image de Styx : master of shadow).

D’un point de vue technique et artistique, Ghost of a Tale est tout simplement époustouflant ! Que ce soit en terme de lumière, d’ombres ou de végétation, le jeu n’aura de cesse de vous surprendre tant les aspects techniques sont maîtrisés à la perfection. Il y a même un cycle jour/nuit intégré, le rendant encore plus impressionnant. Dès le début du jeu, on s’aperçoit rapidement que notre ami Lionel Gallat est un ancien de Dreamworks : en effet, les animations des personnages sont tellement nombreuses et fluides qu’il est difficile de ne pas se rendre compte qu’elles ont été réalisées par un professionnel de l’animation. Tilo lui-même a une panoplie d’animations différentes, notamment quand on reste immobile, assez impressionnantes. Le soin apporté à ces animations nous immerge complétement dans l’aventure et procure un plaisir de jeu rarement égalé… Les environnements sont fouillés et possèdent une originalité qui se marie parfaitement à l’univers, tant et si bien qu’on ne se lasse pas de voir Tilo explorer, sauter et grimper dans ces environnements enchanteurs et grisants.

« Une souris verte, qui courait dans l’herbe… »

Metal Gear Souris

Comme vous l’aurez compris, nous ne sommes donc pas du tout dans un jeu d’action mais bien d’infiltration et même si ce n’est pas aussi poussé qu’un Metal Gear Solid ou un Deus Ex, cela reste magnifiquement exécuté ! Tilo est donc capable de se cacher dans des coffres, des paniers, des tonneaux et beaucoup d’autres éléments de décors qui permettront par la même occasion de sauvegarder la partie. Mais notre petite souris d’amour dispose aussi d’outils ramassés un peu partout dans l’univers : des bâtons pour actionner des leviers à distance, une bougie pour enflammer des objets ou encore des bouteilles vides pour assommer les gardes rats qui auraient oublié de mettre leurs casques. La principale mécanique, et surement la plus intéressante et originale, c’est la possibilité de tromper les pnj en se déguisant. Parce que oui, dans Ghost of a Tale, chaque vêtements a sa particularité et peut modifier l’attitude des personnages à l’égard de Tilo, ce qui donne lieu à des situations très amusantes.

« Comme tu as de grandes dents… »

Le level design est vraiment important dans ce genre de jeu, surtout pour les personnes qui n’ont pas un sens de l’orientation particulièrement développé… Hum, hum… Pari encore une fois réussit avec une conception diaboliquement ingénieuse : une forteresse aux multiples raccourcis qui s’imbriquent parfaitement les uns aux autres. Le jeu récompense presque toujours les joueurs curieux qui auraient l’idée d’aller fouiller parmi les dizaines de chemin dissimulés (ce qui n’est pas sans rappeler Dark Souls). Les niveaux ne sont pas gigantesques, loin de là, mais sont riches en salles à fouiller, en objet et en nourriture à voler. Il faut savoir que dans Ghost of a Tale, la santé et l’endurance ne sont pas dissociés et font partie d’une même barre qui baisse temporairement quand vous courez ou que vous sautez, elle remonte ensuite progressivement. À contrario, la baisse de santé/endurance sera permanente si un ennemi nous frappe et seul la nourriture permettra de récupérer. Pensez donc bien à vous munir de quelques réserves de nourriture afin de venir à bout des nombreuses quêtes qui parsème le monde féerique de Ghost of a Tale.

« Mille millions de mille sabords »

Sourissez, vous êtes filmés

Pour ce qui est du contenu, il est plus que correct : il vous faudra une bonne douzaine/quinzaine d’heures pour venir à bout de toutes les quêtes secondaires, récupérer tous les vêtements, le cartes de tarots, les roses, les livres et autres collectibles qui parsème Ghost of a Tale. L’aventure principale est beaucoup plus courte et sera bouclé en 5/7 heures maximum. Il y a peu de personnages secondaire mais la richesse de leurs écritures est telle qu’on s’attache à eux très rapidement : entre le forgeron radin qui demande des sous pour chaque information, le prisonnier qui parle à son capitaine mort, les deux voleurs comiques qui vous feront mourir de rire, le jeu vous fait vivre une véritable aventure dont vous vous souviendrez longtemps.

Évidemment, tout n’est pas parfait : les environnements sont certes magnifiques mais restent très linéaires malgré les nombreux raccourcis, on a donc vite fait le tour des niveaux. Les gardes, quant à eux, ont une sensibilité trop accrue et nous repèrent vraiment vite, ce qui oblige à courir comme un dératé à travers le niveau pour trouver un endroit où se cacher. Il est aussi vraiment dommage que le jeu ne possède ni cinématiques ni doublage pour venir agrémenter la magnifique aventure de Tilo, d’autant plus que la localisation française est impeccable et rend hommage aux nombreux jeux de mots et ballades « chantées » par Tilo.

Cinq ans : c’est le temps qu’il aura fallu à Lionel « Seith » Gallat pour développer Ghost of a Tale. Une attente qui valait clairement le coup tant le jeu dans sa globalité est sublimé par la passion d’un homme persévérant. Que ce soit le rendu visuel, les animations, l’écriture ou les personnages, il est difficile de croire que ce jeu est indépendant de la tête au pied. Il n’a clairement rien à envier aux grosses productions. Le seul bémol à noter est l’absence de cinématiques et de doublage, cependant largement compensée par une écriture enchanteresse. À vos souris !

Ghost of a Tale

8

Lear

8.0/10

On a aimé

  • Les animations adorables de Tilo
  • La direction artistique et le rendu sublime
  • La traduction française inspirée
  • Le level design Soulesque
  • Le système des vêtements ingénieux

On a moins aimé

  • Pas de cinématiques ni de doublages
  • Quelques bugs minimes

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