Test de State of Decay 2, développé par Undead Labs et édité par Microsoft Game Studios, Disponible exclusivement sur Xbox One et PC, testé par Lear.

En 2013, sous l’égide de Microsoft Game Studios, le studio indépendant Undead Labs sortait State of Decay, excellent jeu de survie post-apocalyptique avec des notions de stratégie et de RPG. Malgré ses nombreux bugs et des graphismes complétement dépassés, il arrivait à convaincre grâce à une proposition audacieuse dans un secteur encore mal exploité. 5 ans après, toujours édité par Microsoft Game Studios, Undead Labs remet le couvert avec un second épisode exclusif Xbox One et PC qui, au-delà d’une simple continuité, se devait d’apporter de réelles améliorations. Est-ce que ce second opus arrive à tirer son épingle du jeu ? C’est ce que nous allons tenter de démontrer dans ce test.

STATE OF BUGLAND  

Le début du jeu vous proposera de choisir entre différents duos de personnages possédants chacun des caractéristiques différentes, un historique et des relations en fonction de cet historique. Attention, qu’on soit clair immédiatement, l’histoire principale ne marquera pas les annales… Non seulement elle est beaucoup moins développée que dans State of Decay premier du nom (ceux qui l’on fait savent que ce n’est déjà pas la panacée) mais le peu de scénario qu’il y a est fouillis et on en oubliera bien vite le peu qu’on y comprendra. Après avoir choisi votre duo, un tutoriel vous sera proposé dans lequel on vous apprendra toutes les ficelles du métier de survivant. À la fin du tutoriel, on vous demande de choisir entre 3 types de cartes (les collines, la vallée ou le plateau) qui n’auront pas une grande incidence sur la suite des évènements et vous voilà propulsé dans le monde immense de State of Decay 2.

Premier constat immédiat : le visuel n’est pas le point fort du jeu. En effet, State of Decay 2 est bourré d’aliasing, de textures manquantes, de chutes de framerate et les décors manquent cruellement de détails (et nous parlons de la version pc imaginez !). On peut noter au crédit du jeu quelques effets plutôt réussis comme le cycle jour/nuit bien réalisé avec les rayons du soleil et la volonté de rendre la nuit vraiment sombre. Malheureusement, en plus d’un aspect visuel très pauvre, la technique est complétement à la ramasse. Entre les bugs en tout genre, les collisions trop nombreuses, le personnage qui monte tout le temps sur les murets, les portes ouvertes qui doivent quand même être ouvertes, l’IA souvent complétement perdue dans son univers, State of Decay 2 va vous faire passer par tous les états, que ce soit la colère, les fous rires ou l’exaspération.

Alors en lisant le début de ce test, vous vous dites : « Quel jeu de chiasse ! » Mais il faut bien se rendre compte que le côté visuel ou technique du jeu n’est pas l’expérience que Undead Labs cherche à vous faire ressentir (même si on ne peut s’empêcher de se dire que c’est dommage). Effectivement, le gros plus du jeu, c’est le contenu dantesque qui va vous occuper un très gros moment ! Être à la tête d’une communauté qui s’agrandit de jour en jour n’est pas chose aisée, surtout dans un monde envahi par les zombies. C’est là que State of Decay 2 tire son épingle du jeu car le côté gestion / survie en temps réel du premier opus a été revu à la hausse et surtout vous n’êtes plus seul pour parcourir les terres désolées de ce monde apocalyptique : un mode coopération est maintenant disponible ! Le but est donc, seul ou en coopération, de survivre en tentant de trouver des ressources un peu partout et ce en sachant que la mort d’un personnage de la communauté est définitive. De nombreuses quêtes, comme secourir des survivants ou déloger des bandits, devront être effectuées afin d’agrandir votre communauté et de survivre tant en récupérant des fournitures et équipements pour faire évoluer votre base. Les ressources se récupèrent un peu partout via un système de fouille plutôt ingénieux qui se fait d’une simple touche enfoncée mais prend un peu de temps. À vous de décider d’accélérer la fouille avec le risque de faire du bruit et d’attirer les zombies… Pour vous aider dans votre survie, chaque endroit vous récapitulera le type de ressource que vous pouvez récupérer à tel ou tel endroit (nourritures, médicaments, carburants…), ce qui permet de savoir quand on a clean une zone.

Les voitures, codées avec le cul mais très drôle à conduire.

UNE FAMILLE FORMIDABLE

Pour étendre votre progression dans le jeu, la traditionnelle tour relais est présente et permet de découvrir les différents lieux de la carte. En effet, en montant en haut de la tour, il vous faudra ensuite passer en mode observation pour révéler les différents points d’intérêts. Un détail qui a son importance quand on sait la difficulté à trouver certaines ressources. Vos aventures vous amèneront à prendre des avant-postes en plus de votre base car la carte est absolument immense (et il y en a 3). Prendre un avant-poste permettra de récupérer des ressources supplémentaires pour votre communauté. Vous aurez la possibilité de recruter de nouveaux survivants via des quêtes de sauvetage et il est important de bien réfléchir avant de recruter n’importe qui car non seulement c’est un personnage de plus à nourrir mais c’est aussi une trahison possible supplémentaire. De plus, chaque survivant a des compétences spécifiques comme la chimie, la médecine ou le bricolage et il est important de bien varier les recrutements de façon à avoir un peu de tout dans son camp.

Non seulement chaque survivant possède des compétences, mais il y a aussi une hiérarchie dans la base car plus un personnage accomplis des activités, plus il améliore sa position dans le camp jusqu’à devenir un héros qui peut devenir chef de la communauté. Chaque héros partage des bonus qui sont vraiment bénéfiques comme une augmentation de ressource par exemple. Si jamais vous ne faites rien pour faire survivre votre communauté, une barre de morale est là pour vous le rappeler. Plus elle baisse plus il est difficile de survivre et si vous vous laissez trop aller, des bagarres peuvent éclater et véritablement foutre en l’air votre partie (c’est du vécu). Vous l’aurez compris, les compagnons sont très importants et non seulement ils vous aideront à survivre mais vous pourrez les spécialiser dans un domaine (la compétence tir s’améliore soit en puissance, soit en précision par exemple) et à la fin du jeu, s’ils sont toujours vivants, ils peuvent être inclus dans une nouvelle partie, ce qui vient grandement améliorer la rejouabilité du jeu.

La gestion de la base passe par ce menu sur lequel on peut lancer des constructions, soigner, installer des modifications et pleins d’autres joyeusetés !

Pour être sûr de bien gérer votre base et de la faire évoluer, il y a de nombreuses possibilités et notamment la construction d’un atelier pour créer des balles et réparer les armes, un jardin pour gagner de la nourriture ou encore une infirmerie pour soigner les survivants. Chaque installation peut être améliorée moyennant certains matériaux, et des fois certaines compétences sont obligatoires, comme la chimie pour la construction d’un alambic. Chaque stock est important : nourritures pour faire manger le camps, médicament pour se soigner, munitions pour réparer et construire des balles, des matières premières pour construire des structures etc. Veillez à toujours avoir un stock suffisant pour ne pas vous retrouver avec le moral en berne. Cet aspect gestion du jeu ravira les amoureux du genre et rendra curieux ceux qui ne le connaissent pas.

LA SURVIE À TOUT LES PRIX

Une fois State of Decay 2 lancé, il devient très difficile de décrocher tant le jeu propose une multitude de choses à faire. Non seulement on va devoir survivre en récupérant tout un tas de ressources pour notre camp, mais le jeu est affublé de quêtes de sauvetage, de destructions de cœur de peste, qui sont la cause de l’infection, de hordes de zombies à défaire, de relations à développer, de bandit à déloger et j’en passe. On comprend donc à quel point le jeu peut être chronophage malgré ses nombreux défauts graphiques et techniques. Outre les hordes de zombies, on aura aussi affaire aux zombies spéciaux comme les pestiférés qui peuvent vous infecter de la peste rouge, ou encore les zombies véloces appelés Ferals qui sont très rapide, les Bloaters remplis de gaz toxique et prêt à exploser, les hurleurs qui attirent tous les zombies proches et enfin les Juggernauts qui sont sûrement les plus dangereux et qui, en vous fonçant dessus, peuvent carrément vous tuer d’un seul coup ! Comme vous le voyez, un bestiaire plutôt sympathique et suffisant sans être fou non plus.

Se faire infecter par la peste rouge fait apparaître une jauge qui, si elle se remplit entièrement, donnera lieu à la mort du personnage et à d’autres personnages s’il est dans la base. Pour éviter cela, il suffit d’utiliser l’infirmerie de la base pour fabriquer un remède. Il y a toujours plusieurs façons de remplir un objectif : la furtivité par exemple peut être une solution, surtout la nuit quand les zombies sont plus dangereux, ou utiliser des leurres pour attirer les zombies pendant que vous faites ce que vous avez à faire. Plus tard dans le jeu, vous avez même la possibilité de lancer des frappes tactiques, qui nettoieront entièrement une zone. Bref le gameplay, bien que techniquement très pauvre, à bien des aspects et est extrêmement permissif, ce qui rend le jeu encore plus chronophage qu’il ne l’est déjà.

LA COOPÉRATION EN DEMI-TEINTE 

LE gros ajout de ce second opus, c’est la coopération ! En effet, jusqu’à 4 joueurs peuvent s’entraider dans la même partie lancée par l’host bien entendu. Alors pourquoi cette coopération est en demi-teinte ? C’est simple la personne qui rejoint la partie d’un ami ne fait pas partie intégrante de son monde. Explication : imaginons qu’on rejoint la partie de notre ami, on ne peut pas construire de bâtiment et participer à l’évolution de sa communauté. Même les personnages contrôlés sont ceux de notre partie. La seule chose qu’on peut faire c’est ramener des sacs de ressources et les mettre dans la réserve de l’host de la partie. Plus l’invité reste longtemps dans la partie, plus il gagnera de récompense pour sa propre partie et tous les objets, armes, composants qu’il aura récupérés seront transposés dans sa partie. Alors certes c’est une idée intéressante mais cela ne prend pas en compte les personnes qui ne veulent jouer qu’en coopération et c’est un peu dommage de ne pas pouvoir pleinement participer au développement du camp de votre ami.

Mis à part cette déception, la coopération est vraiment bien pensée jusqu’à avoir implémenté des loots de différentes couleurs pour chaque joueur pour que chacun soit à armes égales. Vous pouvez aussi rejoindre une partie en étant dans votre partie solo grâce à la radio qui permet de demander de l’aide ou au contraire d’en proposer. Quelques bugs sont présents comme le fait de ne plus pouvoir accéder à la réserve de la partie rejointe ou encore de ne carrément plus voir les installations. Il suffira de quitter et revenir dans la partie pour contourner ce problème, rien de bien méchant. Malgré ces 2/3 petits bugs mineurs et le problème cité un peu plus haut, la coopération est une plus-value incontournable qui manquait cruellement à State of Decay premier du nom et qui ravira les personnes qui, comme nous, adorent jouer avec leurs amis.

State of Decay 2 fait évoluer les erreurs de son prédécesseur avec des bugs à gogo, un visuel limité et une technique déplorable mais en même temps il fait aussi évoluer le côté survie en ajoutant une ribambelle de nouveauté dans la gestion et l’exploration et surtout un argument imparable : la coopération. On a du mal à ne pas se dire à chaque fois qu’on lance le jeu « Si seulement il avait été plus beau, s’il avait eu plus de budget » ou encore « Sérieusement Microsoft vous abusez » mais ces réflexions passées, on passe un moment inoubliable et on a du mal à ne pas se croire dans Walking Dead car oui, c’est la simulation parfaite d’un jeu de survie et c’est pour ça qu’il est si addictif. Entre l’exploration et la fouille, le combat de horde, la gestion mentale et morale de notre communauté, la construction de notre base et nos avant-postes et tout ça avec la possibilité de le faire à plusieurs, il y a de quoi passer de nombreuses heures sur State of Decay 2.     

State of Decay 2

State of Decay 2
6.5

Lear

6.5 /10

On a aimé

  • Le contenu immense et généreux
  • La gestion et la survie à l'état pur
  • Le mode coop à 4 joueurs
  • Le cycle jour/nuit réussi
  • Dur d'arrêter quand on a lancé le jeu

On a moins aimé

  • Graphiquement vieillot et pauvre
  • Techniquement dépassé et bugué
  • L'IA surement sous l'effet de la drogue
  • La conduite trop rigide

1 COMMENTAIRE

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