Test de Secret of Mana, disponible sur PCPlayStation 4, PlayStation Vita et Nintendo Switch, développé et édité par Square Enix. Réalisé sur PC par Lear.

Pour les générations 80/90 qui ont eu la chance de grandir avec la Super Nintendo, Secret Of Mana (Seiken Densetsu 2 au Japon) est plus qu’un jeu, c’est un mythe. Sorti en 1993 au Japon ainsi qu’aux Etats-Unis et en 1994 pour l’Europe, ce titre fut l’un des premiers Action/RPG jouable en coopération local jusqu’à 3 joueurs (pour les chanceux possédant un multitap). Presque 25 ans plus tard, Square Enix réalise le rêve de beaucoup de joueurs européens frustré d’être les derniers servis en annonçant un « Remake » de Secret Of Mana sur PS4, PSVita et PC. Sur le papier, ce projet avait de quoi nous enthousiasmer jusqu’au premier aperçu qui nous laissait découvrir des graphismes rafistolés dignes d’une version mobile, une direction artistique douteuse ainsi qu’une technique laissée à l’état d’origine, ce qui, pour un remake ps4 développé et financé par Square Enix et vendu pour la modique somme de 40 euros, peux être à juste titre perçue comme une sacrée quenelle non dissimulée.

Secret of Square Enix

Test de Secret of ManaMis à part l’upgrade du moteur graphique qui, ne nous le cachons pas n’arrive pas à la cheville de celui du remake de Shadow of Colossus sorti le 07 février 2018 sur PS4, l’intégration de cut-scenes doublées (en anglais ou japonais) qui ne proposent pas de synchronisation labiale, ce qui gâche un peu l’effort fournis et enfin des musiques réorchestrées plutôt correct sans pour autant être de l’acabit de Final Fantasy 12 : Zodiac Age, sorti le 11 juillet 2017 sur PS4, Secret Of Mana 2018 reste sensiblement le même qu’à l’époque, avec ses nombreuses qualités mais aussi ses nombreux défauts. Ce jeu a tout du remake fainéant à la limite du remaster qui semble être vraiment tendance ces derniers temps. Rentrons dans les détails en commençant par la direction artistique au rendu smartphone, par moment elle vous fera littéralement saigner des yeux quand d’autre fois certains environnements sont plutôt jolis il faut le dire. Du côté optimisation et stabilité ça tourne à 60fps constant sur pc et ps4, pas de quoi se vanter me direz-vous, pour un portage mobile qui tourne sous Unity

Un des pires choix de Square Enix, c’est d’avoir tenté de transformer le plus beau jeu 2D de l’époque en 3D en oubliant quelques 0 sur le chèque de production ! Résultat : des cinématiques sans aucunes animations faciales qui donnent la désagréable impression d’avoir été mis dans une time machine et propulsé à l’époque de la Playstation première du nom. On a presque l’impression que Square Enix se moque de nous ouvertement en insérant même dans le jeu une minimap à l’effigie de la version Super Nintendo. Ce remake risque d’être dur à avaler pour les fans hardcore qui espérait une réelle refonte graphique, technique et artistique du jeu.

On pourrait noircir le tableau encore et encore mais malgré tout ses défauts Secret Of Mana nous éblouit de toute sa splendeur et on est rapidement happé à nouveau par l’univers sublime du jeu. Les doublages japonais et anglais très convaincant, les musiques réorchestrées qui colle parfaitement à l’ambiance ou encore un système de combat toujours aussi original font de ce titre un must have qui, aujourd’hui encore, réveille en nous la flamme de la nostalgie.

Test de Secret of Mana

On peut tromper mille fois mille personnes, non, on peut tromper une fois mille personnes

Test de Secret of Mana

On peut pardonner un visuel minimaliste. À partir du moment où on accroche à un jeu, les graphismes passent au second plan, mais ne sous-estimez surtout pas Square Enix qui, non content de faire le minimum syndical graphiquement parlant, n’a pas jugé utile en 2018 de se remettre en question sur l’ergonomie de son jeu… Les menus, mon dieu, refourgué tels quels sans aucune modification, avec ses roulettes qui donnent des cauchemars et qu’on doit parcourir encore et encore et encore sans même savoir sur lequel sous-menu de quel personnage on est (petite astuce : Primm possède un esprit que Popoï n’a pas, ce qui permet de savoir sur la roue de quel personnage on navigue). Ne comptez pas sur les raccourcis pour vous faciliter la tâche, ce serait donner trop de crédit au game-designer qui s’est dit que deux raccourcis (L1 et R1) serait suffisant pour un jeu qui demande la hache pour détruire les environnements, le fouet comme grappin, l’épée pour se frayer certains chemins, le sort de guérison, sans bien entendu parler des consommable.

Pour couronner le tout, si on a l’épée en main et que l’on prend notre hache mise en favoris, il faudra repasser par le menu diabolique pour reprendre à nouveau notre épée. Rappelons que la croix directionnelle ne sert absolument à rien dans l’histoire et aurait pu être utilisé pour y assigner les raccourcis. Les sorts, pour une raison obscure, doivent être validés deux fois pour être lancé. Pour continuer sur les menus, celui des vendeurs ne propose absolument aucune information sur l’objet désiré. Il faut deviner si tel armure est meilleurs que celle que vous portez, ce qui est proprement scandaleux vous en conviendrez.

Le seul point à noter au bénéfice de Square Enix, c’est l’implémentation des sauvegardes automatiques qui viennent prendre le pas sur les sauvegardes manuelles qui, malgré tout, doivent encore être effectuées chez l’aubergiste, ce qui par moment est un peu contraignant sans être foncièrement dérangeant non plus.

Test de Secret of Mana

Marcoo ! Poloo !

Comment ne pas parler de ce pathfinding complétement fumé, comme à l’époque, où nos alliés, nos petits Primm et Popoï, finiront toujours par se coincer au détour d’un couloir ou dans un tronc d’arbre. Ce qui en début de jeu n’est pas dramatique deviens très problématique dans les derniers donjons quand on doit claquer une résurrection à chaque salle qu’on traverse. A noter que même la version mobile avait pris le temps de corriger ce défaut ainsi que celui des raccourcis, un comble. La gestion des alliés n’est pas très utile non plus (attaquer un ennemi proche ou le monstre pris pour cible) mais c’est sans compter l’apparition d’un nouveau bug, parce qu’il y en avait pas encore assez !

Comme beaucoup de jeux du genre, le retour dans une zone fait réapparaître les ennemis toujours au même emplacement. Sauf que dans cette version, dans des endroits où il devrait y avoir des mobs à un endroit précis, de temps en temps, ils n’y sont pas. Problème, les alliés croient dur comme fer que le monstre est là à sa place habituelle et attaque comme deux décérébrés mentaux dans le vide pendant que le vrai mob nous met une rouste. Afin d’éviter ces problèmes d’alliés, il y a toujours le mode coopération à deux ou trois joueurs en local qui nous permettra de revivre des moments merveilleux entre amis bien que les raccourcis en coopération soient supprimés sans que l’on sache vraiment pourquoi. Toujours pas de coop en ligne alors que même Romstation l’a implémentée depuis longtemps.

Test de Secret of Mana

Alors certes, comme vous avez pu le lire le jeu est remplis de défauts, problème, bugs en tout genre. Il arrive pourtant encore aujourd’hui à nous procurer un plaisir rarement égalé dans un action/rpg. Malgré une difficulté revue à la baisse, sans pour autant être trop facile, un système de combat tellement original qu’on aurait aimé le voir plus poussé, la magie de Mana opère encore et les sensations manette en main sont jouissives.

Secret Of Mana est un portage fainéant qui aurait mérité un remake beaucoup plus travaillé quitte à garder une 2D retravaillée comme pour le remake de Wonder Boy : the Dragon’s Trap sorti le 18 avril 2017 sur PS4. Square Enix, encore une fois, ne mesure pas l’impact qu’a Secret Of Mana sur la communauté et manque de respect à sa licence et aux fans en sortant un remake foireux vendu 40 euros, ce qui est excessivement cher. Alors oui le cœur du jeu original est bien là, oui on passe encore un excellent moment dans cet univers mais malgré cela la colère est profonde car une fois terminé, on imagine ce qui aurait pu être accompli avec ne serait-ce qu’un peu d’investissement (animations faciales, vraies cinématiques, bugs corrigés…). Quand il ne reste que des regrets…

Secret Of Mana

5

Lear

5.0/10

On a aimé

  • Bande Originale réorchestrée
  • L'univers mignon et sympa
  • Cut-scenes intégralement doublées en anglais et en japonais
  • De nombreux boss
  • (Re)découvrir Secret Of Mana

On a moins aimé

  • Direction artistique douteuse
  • Pathfinding abominable
  • 40 euros ? Sérieusement ?
  • Absence d'animations faciales
  • Les menus peu ergonomiques et seulement 2 raccourcis

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