Test de Celeste, disponible sur PC, PlayStation 4, Nintendo Switch, Xbox One et Macintosh, réalisé sur PC par Lear.

Celeste est l’aboutissement d’un travail acharné du petit studio indépendant Matt Makes Games , avec à sa tête Matt Thorson, créateur du très célèbre Towerfall sorti en 2014.

Celeste est un Die and Retry exigeant composé de plusieurs niveaux qui sont eux-mêmes divisés en tableaux liés par des points de contrôles. En reprenant le concept de précision et de réflexe de son grand frère, Celeste demande avant tout aux joueurs une science du timing impeccable. Beaucoup iront comparer ce jeu à Super Meat Boy ou à The End Is Night, tout trois étant des plateformer die and retry basé sur le timing, mais de mon point de vue, Celeste possède une profondeur, tant dans son gameplay et son scénario, qui en fait une expérience unique et incomparable.

test de celeste

Madeline, ou la petite mort

Dès les premières minutes de jeu, on nous plonge dans une ambiance des plus originale et très mystérieuse, assumant une direction artistique qui oscille entre le réelle et le surnaturel, le tout enrobé dans une bande originale composé par Lena Raine en totale osmose avec l’univers mystique qui nous est proposé dans Celeste. Un début de jeu qui a de quoi faire palpiter nos petits cœurs de gamer !

Madeline, petit bout de femme à la chevelure de feu portant un anorak bleu, débarque au pied du mont Celeste situé au Canada avec la ferme intention d’en venir à bout afin de se prouver à elle-même qu’elle est capable de terminer ce qu’elle commence. Selon les légendes, le mont Celeste est considéré comme un lieu de pèlerinage mystique capable de nous confronter à nos pires démons. Plus on grimpe, et plus il est clair que la réputation mystique de cette montagne n’est pas usurpée : des phénomènes de moins en moins naturels prennent place et seront même incorporés au gameplay par la suite. Afin d’évoluer dans cette univers, Madeline peut prendre appui sur les murs, rebondir, et dasher dans huit directions différentes. Bien entendu, Madeline étant humaine, la jeune femme a des limites : quand elle est accrochée à une paroi, son endurance finit par s’épuiser et elle glisse tout doucement vers une mort certaine. Le dash est lui aussi limité à une utilisation et doit être rechargé en reposant les pieds au sol ou en utilisant les mécanismes de l’environnement.

test de celeste

Céleste

Les différentes régions de Celeste mettent à profit pléthores de variations de gameplay : dans un niveau, des éléments se déplacent dès que Madeline dash, dans un autre, des bulles à propulsion permettent de s’éjecter dans huit direction différentes, plus tard, ce seront des plumes qui lui permettront de voler, une capacité limité dans le temps bien entendu. Alors oui, certains taxeront ces concepts de « déjà-vu » mais il faut savoir que ce n’est pas tant les éléments de gameplay qui font de Celeste un monument de la plateforme, mais la manière inattendue et élégante dont ces éléments sont utilisés dans les niveaux. Sur plus de six cent tableaux tous plus différents les uns des autres, une habitude prise peut devenir fatal ensuite, le jeu demande donc une adaptation constante.

Celeste possède un rythme de jeu incroyable : après un passage plus ou moins éreintant, les développeurs ont toujours eu à cœur d’insérer une phase très simple et ce, juste pour regonfler notre égo de joueur à bloc et nous motiver pour le tableau suivant. C’est ce genre de petites attentions qui rend le jeu si peu frustrant. Toute erreur ou mort n’est pas synonyme de punition, c’est toujours un pas de plus vers la sortie, et après avoir passé un sale quart d’heure on ira même jusqu’à se dire que c’est diablement bien pensé. Pour autant, l’ascension en elle-même est plutôt simple et ce pour n’importe quel type de joueur car les phases le plus difficiles sont pour le plupart facultatives (collectibles, ng+, secrets) et un mode assisté est même disponible afin de laisser le joueur ralentir le temps, allonger l’endurance ou encore être invincible le temps d’un tableau, ce qui permettra aux plus néophytes du genre de passer un excellent moment.

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Touche pas à ma fraise !

La rejouabilité de Celeste est très importante : entre les 172 fraises à collecter, les nombreux passages secrets à découvrir, les énigmes à résoudre ainsi que les faces B de chaque niveau à faire (des versions alternatives jouissants de musiques remixées et d’une difficulté bien supérieure au jeu de base) vous aurez fort à faire pour en venir totalement à bout. N’hésitez donc pas à vous munir d’une salière près de vous car la nuit va être longue ! Il existe aussi dans certains niveaux des cœurs bleus permettant de débloquer un nouveau chapitre. Quand, les mains en sang et la salière vide, vous arriverez finalement au bout de ce périple, ne pensez surtout pas que votre calvaire est terminé : en effet, c’est dans les tréfonds les plus sombres du jeu, que vous découvrirez qu’il existe des faces C ! Et oui, le sadique psychopathe de l’équipe de développement a obtenu carte blanche pour vous faire souffrir. Avec une aventure de base d’environ huit heures, Celeste peut très vite basculer à une quinzaine voire une vingtaine d’heures de jeu.

Mais alors, le jeu est-il parfait ?! Non, il y a des défauts pouvant être handicapants quand ils se pointent : on peut pointer le réglage de la sensibilité du joystick et de la croix qui peut vous valoir un bon quart des morts totales du jeu ; mais c’est aussi accompagné par des hit box hasardeuses qui donnent, elles aussi, lieu à des morts frustrantes. Mis à part cela, Celeste est clairement le meilleur indépendant de ce début d’année et, à n’en pas douter, d’ores et déjà un pilier de sa génération dans le genre.

Celeste, de par sa direction artistique unique, sa bande son sans équivoque, son gameplay précis et jouissif ainsi que sa narration profonde avec différents niveaux de lecture, réussis le pari de créer un jeu qui sublime son grand frère Towerfall Ascension. Plus qu’une aventure unique faisant passer le joueur au travers de toutes les émotions, Celeste est un jeu spécial : c’est une valeur sûre du genre et un exemple à suivre pour beaucoup de développeur.

Celeste

9

Lear

9.0/10

On a aimé

  • Lena Raine à la BO
  • La direction artistique
  • La narration
  • Le challenge bienveillant
  • ... et tout le reste !

On a moins aimé

  • Prévoyez une bonne manette : c'est sensible
  • Hit-box de Madeline parfois aux fraises

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