Test de Final Fantasy 8 Remastered sur PC. Un jeu Square Enix sorti initialement sur PlayStation en 1999 et développé par Squaresoft. Version Remastered sortie le 3 septembre 2019 sur PS4, Xbox One, Switch et PC. Écrit par Bongwik et Vin’s.

Fithos Lusec Wecos Vinosec…

…c’est avec ces mots faussement latins que Squaresoft a choisi, en 1999 sur Playstation, de débuter la cinématique d’ouverture de Final Fantasy 8, anagramme derrière laquelle se cachent les thématiques du jeu : Love et Succession of Witches. L’une se veut une démonstration romantique du pouvoir de l’amour, qui lie deux cœurs à travers le temps et l’espace ; l’autre est une critique du cycle de violence hérité de l’Homme et des guerres qu’il mène contre ce qui lui est étranger et qu’il tient pour maléfique, laissant orphelins et confusion politique dans leurs sillages. Reposant sur le vol des ressources, le système de jeu a lui aussi une histoire à raconter.

test final fantasy 8 remastered

Divine comédie

Faisant office de narration environnementale autour de la colonisation et véritable incitation à l’exploration, les sources de vol dans les zones et sur les monstres sont aussi ce qui fait la richesse du jeu, à base d’association de magie à ses statistiques pour renforcer les personnages liés à une ou plusieurs invocations, nommées les Guardian Forces. Entités issues des mythologies hindoues, germaniques ou grecques. Si leur nom est certes peu adapté à l’effet néfaste qu’elles ont sur les personnages dans l’histoire, dont elles font partie intégrante, il est cohérent dans le système. Les G-Forces peuvent apprendre des actions de combat pour leur hôte, des capacités passives utiles au périple au déblocage de statistiques auxquelles associer de la magie. Les invoquer donne lieu à des cutscenes spectaculaires mais, malheureusement, impossibles à passer dans des combats au framerate limité, rendant la navigation rigide dans les options. Dernière d’entre elles, le Limit Break permet aux personnages sur le point de mourir d’utiliser, pour certains, un combo de coups à déclencher en appuyant en rythme sur la gâchette ou sur les boutons indiqués à l’écran ; pour d’autres, une capacité au choix dans une liste défilante. Cachés en jeu ou à l’issue d’affrontements, des objets spéciaux permettent d’élargir les possibilités de chaque Limit Break.

« Les forêts ont bien changé »

test final fantasy 8 remastered triple triad capture

Tout ce potentiel de combat a pour but de triompher de combats retors, notamment les boss contre lesquels il est nécessaire d’adopter une stratégie particulière ou de s’adapter à une ultime transformation, provoquant parfois la désillusion chez le joueur certain d’avoir vaincu après de longues minutes à essayer de survivre au duel. Le bestiaire n’est pas énorme mais varié, proposant des créatures issues de différents univers fantastiques tels la mythologie grecque, les films d’invasion de zombies ou d’insectes tueurs ou encore les méchas. Final Fantasy 8 propose également un autre genre de combat qui se déroule, lui, sur un tapis de 3 cases par 3. Possible contre presque tous les PNJ, il met en scène des cartes à collectionner à l’image des monstres et personnages rencontrés, chacune ayant un chiffre par côté pour attaquer ou se défendre des cartes adverses. Les règles sont aussi nombreuses qu’il y a de régions différentes et tout vainqueur remporte une carte de son choix parmi celle de son adversaire.

Eyes On Me

D’une grande richesse culturelle peu mise en valeur par son écriture, le jeu s’inspire en partie de la mythologie italienne comme la traversée, à la Dante, des îles de l’Enfer et du Paradis en endgame après avoir passé en revue toutes les actions du jeu dans le purgatoire de fin. Des ruines antiques grecques sont disséminées un peu partout sur la carte comme la Tombe du Roi Inconnu, clin d’œil à la ville de Deling et son Arc de Triomphe. Lui-même est plutôt de style néoclassique à l’instar de la capitale glamour aux couleurs chatoyantes, référence à Paris. Une ambiance méditerranéenne plus moderne domine dans plusieurs autres villes, où la musique de Nobuo Uematsu à la mandoline et a l’accordéon le dispute aux cris des mouettes, pourvu que vous ayez moddé la version Steam en MIDI du jeu (voir l’encart consacré à la version Remastered par Vin’s). Le compositeur part plutôt sur de l’ambient atmosphérique et mystérieux dans d’autres arcs scénaristiques comme celui de la Lune, qui renvoie d’ailleurs à l’iconographie du logo du jeu. Squall et Linoa y forment un loup dans une position rappelant les représentations de Sköll et Hati (prononciations japonaises de son prénom à lui, de son nom à elle) chassant le Soleil (le Temps) et la Lune (l’espace) jusqu’au Ragnarök, faisant alors du jeu une allégorie de cette légende nordique.

Si l’écriture de Final Fantasy 8 ne vaut pas certains RPG occidentaux de ces dernières années, il est culturellement fin et généreux, proposant un monde vaste à explorer et à déchiffrer, de nombreuses cartes à collectionner, des secrets à percer, un système de jeu profond et riche à maîtriser et un cœur à conquérir. C’est en tout cas celui de toute une génération qu’il aura ravi. Bongwik.

Final Fantasy 8 Remastered : qu’apporte la version 2019 ?

Et si Square-Enix commençait enfin à prendre conscience de son catalogue ahurissant de richesse ? On s’était dit à l’annonce de cette version remastered que oui, et bien la réponse va vous surprendre. Premièrement, pouvoir rejouer à ce bijou et avoir (enfin) corrigé le portage STEAM désastreux de 2013 est plus qu’appréciable. S’en est bien fini des version MIDI infâme du portage, et on accueille l’OST originale de la version PlayStation. Il est vrai que cela fait quelques temps que de nombreux mods permettait de corriger ce défaut, mais une version officielle est un plus, surtout quand elle vient apporter quelques améliorations graphiques.

Final Fantasy 8 Remastered a en effet choisi de retravailler ses modèles 3D, les rendant bien plus détaillés. Les développeurs ont un peu changé le design de ses personnages pour plus de cohérence avec leur apparition dans Dissidia ou encore Kingdom Hearts, et ils sont désormais bien plus sympa et moins « coupés à la serpe ». Les G-Forces sont plus belles que jamais et les ennemis également, c’est un beau travail et cela change drastiquement le rendu. En réalité le problème est que cette version, en augmentant sa résolution pour la HD, vient flouter encore d’avantage les décors en pré-calculés. Au lieu d’avoir un véritable upscale et un travail des décors par ses artistes, le développeur a choisi de simplement les étirer, la solution la moins cher. Sans compter le fait que pour masquer la supercherie, ils ont flouter le tout. Résultat : les personnages sont bien plus nets que les décors et on a parfois l’impression qu’ils flottent un peu au-dessus de décors plats et fades.

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Un problème ici flagrant avec des portes qui dénotent clairement sur la maison et la différence décors vs personnages.

Sur PC il y a toujours l’option de passer le jeu en 16/9eme sans trop dénaturer l’image, mais cela aurait été appréciable aussi sur les versions consoles, et cela va sans dire que les cinématiques sont toujours en SD. Non pour un rendu vraiment au top il faudra attendre. Actuellement en développement, il existe un mod qui utilise des réseaux neuronaux pour que le rendu des décors fasse honneur à vos écrans grâce à un traitement les transformant véritablement. Le japonais plaide le fait d’avoir perdu les assets, mais il est cependant étonnant de voir que des moddeurs trouvent le moyen de faire (vraiment) mieux et de les récupérer. Bref, on est très loin du travail exemplaire de Final Fantasy XII The Zodiac Age. On aurait aimé, par exemple, entendre en version remasterisées et réorchestrées l’OST formidable de Nobuo Uematsu, une feature présente sur les mods, mais non.

test final fantasy 8 remastered Squall comparaison

Si le cahier des charges ne parlait pas de ce genre de concept, le jeu propose un tas d’options de codes de triches. La possibilité de supprimer les combats aléatoires, de booster ses G-Forces, d’avoir la jauge ATB constamment pleine ou carrément d’être invincible est incluse. Il est même possible de se soigner ou d’avoir tout le temps sa limit break disponible, c’est cheaté mais pour ceux désirant simplement profiter et suivre l’histoire, pourquoi pas. Ici la véritable option qui sera très utile pour refaire le jeu en 2020 est le « x3 ». Pouvoir multiplier la vitesse du jeu afin de farmer rapidement et d’avancer plus vite dans l’aventure est un véritable plus. Sinon le jeu est toujours aussi bon, mais devoir encore attendre que des amateurs finissent ou fassent correctement le boulot de professionnels, c’est dépassé non ?

Vous l’aurez compris, Final Fantasy 8 Remastered n’est pas parfait, Square Enix ne fait toujours pas ce qu’il faudrait. Cependant l’effort est louable et cette version vient surpasser l’affreux portage mobile de FF9. Avec des options d’ergonomie sympathiques et surtout un retravail de tous ses modèles (et en y ajoutant le mod qui retravaillera les décors à sa sortie), c’est tout simplement le meilleur moyen de faire ce grand jeu qu’est FF8 aujourd’hui. Vin’s.

Final Fantasy VIII

8.5

Bongwik

9.0/10

Vin's (Version Remastered)

8.0/10

On a aimé

  • Des thématiques fortes
  • Un système de jeu intelligent et l'apprentissage addictif des G-Forces
  • Le Triple Triad !
  • L'utilisation éclairée des références multiculturelles
  • Les musiques de Uematsu, variées et enchanteresses

On a moins aimé

  • L'écriture du jeu et des personnages ne les mettent pas en valeur
  • Un framerate souffreteux en combat et le visionnage systématiques de longues scènes d'invocation
  • Les décors flous de la version Remastered

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