Test de Shadow of the Tomb Raider effectué sur PC, développé par Crystal Dynamics et Eidos Montréal et édité par Square Enix. Sortie sur PC, PS4 et Xbox One. Réalisé par Lear après 35h de jeu et le 100% en poche.

Avant de lire ce test, si vous souhaitez vous remettre à jour, n’hésitez pas à consulter notre dossier « Précedemment dans Tomb Raider » qui vous offre un résumé détaillé ainsi que notre avis sur les deux opus précédents.

Elle en aura parcouru du chemin notre Lara Croft, avec une licence se déclinant en jeux-vidéo, en films, mais aussi en comics. La saga originale, développée par Core Design, ne comprenait pas moins de 6 épisodes s’étalant de 1996 à 2003 devenus aujourd’hui cultes : Tomb Raider 1, 2, 3, La Révélation finale, Sur les traces de Lara Croft et L’Ange des ténébres. Puis, après divers projets que les développeurs estiment trop éloignés du concept original de la franchise, l’idée d’un reboot complet revenant sur les origines de Lara Croft finit par s’imposer.

Après avoir racheté Eidos Interactive, Square Enix confie le projet à Crystal Dynamics qui sortira un premier épisode en 2013, se vendant à plus de 11 millions d’exemplaires dans le monde. S’en suivra en 2015 un deuxième épisode, bien moins apprécié par la critique pour son manque d’originalité, qui se vendra tout de même à 7 millions d’exemplaires (ses chiffres datent de novembre 2017). Fort de ses succès, le troisième épisode de cette trilogie est cette fois développé par Eidos Montréal. Tout de même chapeauté par Crystal Dynamics, l’origin story de notre guerrière aventurière prend donc fin avec Shadow of the Tomb Raider. Verdict ?

Seulement âgée de 23 ans, Lara Croft, armée de son courage et de son arc, va devoir arrêter une apocalypse prédite par les Mayas et se battre, une nouvelle fois, contre l’Ordre de la Trinité.

L’aventure commence au Mexique où Lara et Jonah explorent un sanctuaire comportant des informations sur une date, un lieu, un poisson rose et une montagne couronnée d’argent. Mais un piège posé par les trinitaires explose et provoque l’effondrement de la grotte. Lara et Jonah s’en sortent et rejoignent le village sur l’île de Cozumel. C’est sur la terrasse d’un bar que Lara décrypte les indices collectés. Elle apprend que les Trinitaires se dirigent vers le Brésil alors que c’est au Pérou que se trouve la montagne couronnée d’argent.

Ils repèrent le docteur Dominguez, Chef des Trinitaires, et décident de le suivre. Lara aboutit à Isla Mujeres, une falaise où le temple de la Lune de la déesse maya Ixchel est discrètement implanté. Elle parvient au temple et y découvre une dague qui donne le pouvoir de changer le monde. Par impulsivité et volonté d’empêcher les Trinitaires de s’en emparer, elle retire la dague du cœur de Ixchel et s’enfuit du temple, en se retrouvant dans un camp Trinitaire.

Lara est arrêtée par Dominguez, lequel lui soustrait la dague. Il lui explique que le vol de cet artefact a déclenché un compte à rebours qui sera émaillé de catastrophes naturelles et que la dague associée avec la boîte d’argent de Shak Chel permet de refaire le monde. Sur ces mots, il s’envole en hélicoptère et abandonne Lara face à un raz de marée qui dévaste Cozumel. Malgré le chaos, Lara rejoint Jonah et lui explique qu’il faut retrouver la boîte d’argent avant Dominguez, qui est en outre le commanditaire du meurtre de son père.

Le lendemain, les deux amis prennent l’avion en direction du Pérou. Les Trinitaires y sont aussi grâce à la dague. Une très violente tempête surprend l’avion qui finit par s’écraser en plusieurs morceaux dans la jungle péruvienne. Lara devra appliquer toutes les compétences de survie et de combat qu’elle a apprise du Yamataï à la Sibérie.

INCA-SSABLE GUERRIÈRE

On y est ! Le moment crucial de l’origin story de Lara Croft qui termine enfin sa transition entre la jeune étudiante naïve du premier opus et l’aventurière aguerrie qu’on connaît tous, j’ai nommé Tomb Raider ! En effet, après toute ses (més)aventures, Lara entame la fin de son périple, et quoi de mieux comme théâtre pour son dernier combat que le cœur du Pérou et sa jungle immense, rempli de bêtes et créatures en tout genre…

Tomb Raider : Anniversary

Si Rise of the Tomb Raider était plutôt fade en terme d’environnement et de direction artistique, Shadow of the Tomb Raider, bien que se déroulant principalement au Pérou, s’en sort haut la main. L’exploration est le maître-mot dans cet opus : passant d’une jungle luxuriante à la découverte de ruines inca, ou encore de visites sous-marines à la l’exploration d’une ville immense, cet épisode est réellement un accomplissement pour ce qui est de vous dépayser. De plus, là où les épisodes précédents peinaient à développer ses personnages, celui-ci arrive à vous impliquer dans la psyché de Lara et celle de ses protagonistes secondaires en parsemant le jeu de nombreuses références tirées des précédents opus. Nous n’en dévoilerons pas plus sur ces celles-ci, mais sachez que de nombreuses surprises vous attendent et que la nostalgie est au rendez-vous, donc préparez vos mouchoirs !

Malgré ses décors variés et colorés, Shadow of the Tomb Raider est aisément l’épisode le plus sombre et violent de la trilogie, et pourtant le premier plaçait déjà la barre très haut. Ses personnages matures, bien entendu, mais surtout son scénario apocalyptique vient ajouter un enjeu de taille qui confrontera Lara Croft au passé trouble qui a façonné sa personnalité et son goût pour l’archéologie.

Côté histoire, il vous faudra une bonne douzaine d’heures pour arriver à la fin de l’aventure en ligne droite, et comptez entre 20/25H pour le 100%, ce qui est plus que correct. Le rythme est soutenu, entre des phases de plateformes et phases de combat bien dosées, des scènes de courses-poursuites impressionnantes, le tout agrémenté d’explorations de tombeaux, cryptes et ruines en tout genre. Ce monde semi-ouvert regorgeant de secrets en découragera plus d’un, mais pas de panique, vous avez la possibilité après la fin du jeu de recharger la partie juste avant le final pour l’explorer à votre guise. De plus, un New Game + est disponible pour vous permettre de revivre l’aventure avec l’ensemble des équipements et attributs obtenus la première fois, dans la difficulté que vous souhaitez.

En parlant de difficulté, si vous êtes du genre masochiste vous serez servis avec la possibilité de choisir entre 4 difficultés : easy, normal, hard, deadly obsession. Mais ce qui est vraiment original dans le titre, c’est que la difficulté des combats, des phases d’exploration et des puzzles pourront toutes les trois être réglées indépendamment. On pourra par exemple choisir d’avoir des affrontements exigeants, avec peu de munitions et des ennemis solides, des puzzles ardus sans aucune aide ou encore une exploration sans indication sur le chemin à prendre. À noter que la difficulté deadly obsession (obsession mortelle) place toutes les difficultés au maximum et ne peut être changée en cours de jeu.

LA(MA)RABOUE

Le premier opus du reboot avait provoqué à sa sortie une révolution technique pour la série avec une mise en scène maitrisée, des décors dépaysants et des animations impeccables. Tant et si bien que derrière, Rise of the Tomb Raider faisait pâle figure en comparaison… La technique est d’ailleurs le principal regret du chapitre final de la licence culte : en effet, Shadow of the Tomb Raider propose peu de variétés dans les animations, surtout au niveau des visages, et la mise en scène est bien trop statique, ce qui ne rend pas hommage aux nombreuses séquences d’émotions présentes dans le jeu.

Les animations d’expressions du visage de Lara sont fades et trop peu variées.

Mais rendons à César ce qui est à César, cet opus est sublime : artistiquement bien sûr, avec des panoramas qui s’étendent à perte de vue. Ce qui marque les esprits, c’est surtout cette ambiance crépusculaire qui flirt entre apocalypse et surnaturel. De plus, le travail sur les éclairages est impressionnant, et cela se remarque encore plus dans les temples, où il n’y a seulement qu’une ou deux sources de lumière. Quel dommage que ces éclairages soient inégaux en extérieur.

Comment parler de l’ambiance sans évoquer le sound design qui est littéralement à couper le souffle. Le mode audio immersif (dans lequel les autochtones parlent leur langue natale) rend l’expérience tellement vivante que c’en est bluffant, bien qu’il soit dommage que Lara continue de parler anglais comme si les villageois avaient une compréhension parfaite de la langue alors qu’ils n’en parlent pas un seul mot. Mais au-delà de ça, les sons des animaux dans la jungle, les bruitages que l’on entend dans les grottes donnent vraiment l’impression d’être dans la peau de Lara (et je ne suis personnellement qu’en 2.1, imaginez le 5.1 ou le 7.1…). Brian D’Oliveira réalise ici un excellent travail de composition sur ce nouvel épisode, avec notamment l’utilisation d’instruments précolombiens. Le bruissement des feuilles, le cri des loups, l’écoulement de l’eau vous oblige à rester en permanence aux aguets et rend certains moments du jeu aussi flippant qu’un Resident Evil 7. De plus, certains des thèmes composés sont particulièrement réussis, n’hésitez pas à écouter un le morceau ci-dessous

En ce qui concerne les nouveautés de gameplay, comme pour l’excellente saga Uncharted, il y en très peu dans Shadow of the Tomb Raider, mais joue-t-on vraiment à ce genre de jeu pour sa panoplie de gadget ? Il y’a Spiderman pour ça (dont vous pouvez retrouver le test ici) ou encore Batman. Mais pas d’inquiétude, vous allez avoir de quoi vous amuser : plongé sous-marine, escalade à base de piolet-grappin, tyrolienne dans les bois sont tant d’activité qui vous attendent. Comme vous l’aurez compris, L’exploration est au centre du jeu et quoi de mieux comme système que le MetroidVania ?

En effet, le monde de Tomb Raider est séparé en plusieurs zones dans lesquelles vous pourrez vous déplacer en utilisant les feux de camp présents un peu partout. Typique du MetroidVania, certains endroits seront inaccessibles tant que vous n’aurez pas l’équipement adéquat : par exemple, vous trouverez dans certains endroits des coffres qui ne s’ouvrent qu’avec un crochet. Vous serez donc obligé de revenir bien plus tard dans le jeu pour découvrir quel secret se cache dedans. Un système ingénieux qui a su faire ses preuves en utilisant la frustration du moment pour attiser la curiosité.

Vous pouvez voir en haut à gauche le pourcentage de carte complété ainsi que tous les collectibles, feux de camp et quêtes secondaires à faire dans le zone.

Vous aurez à disposition deux gros HUB dans le jeu qui centralisent les quêtes secondaires et les marchands, vous permettant de souffler entre deux explorations. Partant de là, vous pourrez affronter les énigmes des tombeaux, relever des défis spécifiques (comme détruire 5 totems dans la zone), et découvrir un certain nombre de collectible : cartes au trésor, cryptes, reliques, documents, fresques, caches de survie et monolithes. La différence principale par rapport aux collectibles de beaucoup d’autres jeux, c’est que ceux de Shadow of the Tomb Raider donnent non seulement des récompenses utiles, mais raconte aussi beaucoup d’histoire fascinante sur la mythologie Inca et ses dieux surpuissants. On retrouve malheureusement ce maudit bouton R3 qui permet de passer en « instinct de survie » pour repérer les matériaux et autres objets environnants. Après trois opus, appuyer sur un bouton toutes les deux secondes pour mettre en surbrillance ce qui vous entoure n’est toujours pas vraiment la meilleure idée qu’ils aient eu…

LARA QUI RIT

Ne vous attendez pas à du Gunfight à gogo dans ce dernier chapitre des aventures de Lara Croft, car ce n’est pas du tout l’axe qu’a choisi Shadow of the Tomb Raider. Effectivement, on sent que nos amis de chez Eidos ont choisi d’opter sur des affrontements basés sur l’infiltration plus que sur une action débridée. On sent cette volonté via l’ajout de nouveautés comme les murs végétaux qui, en plus des herbes hautes, permettent une infiltration optimisée. On a également la possibilité de s’enduire de boue (Lara pleine de boue, imaginez un peu :p) afin d’échapper aux visions thermiques des ennemis.

Pour vous aider, des compétences « d’infiltration » peuvent être acquises pour vous permettre par exemple d’assassiner deux ennemis d’un coup, de piéger un corps pour qu’il explose à l’approche d’un adversaire ou encore de se percher sur un arbre pour attraper votre opposant avec une flèche grappin, façon Batman Arkham. Ce n’est qu’une infime partie des possibilités qui vous sont offertes pour tuer vos ennemis dans l’ombre.

Parfois cependant, même la meilleure des ombres n’a d’autre choix que de sortir les armes dans des phases de gunfight d’une grande violence. Comme pour les phases d’infiltrations, le level design est aux petits oignons et permet aux joueurs d’évoluer en toute fluidité et en toute verticalité. Effectivement, en dehors du classique fusil à pompe, mitraillette et pistolet, vous aurez la possibilité de récupérer des matériaux de base comme des bouteilles d’alcool pouvant être transformé en cocktail molotov, ou encore confectionner des flèches empoisonnées ou enflammées pour venir à bout de vos adversaires. Mais ce n’est pas tout !

Vous pouvez aussi utiliser des flèches hallucinatoires sur un ennemi pour qu’il se mette à attaquer ses collègues, plutôt jouissif comme technique. De la même façon que pour l’infiltration, un arbre de compétences « guerrier » vous permettra d’acquérir de nouvelles techniques utiles, comme par exemple tirer ses flèches plus rapidement, créer des munitions spéciales et beaucoup d’autres joyeusetés.

 CROFTER UN JOUR, CROFTER TOUJOURS

En plus d’être un MetroidVania d’exploration, d’action et de plateforme, Shadow of the Tomb Raider a aussi des notions de RPG. À chaque fresque, document, relique trouvée ou quête terminé, Lara gagne de l’expérience, qui donne des points de compétences. Ces points de compétences peuvent être reversés dans un arbre qui se sépare en trois parties : chercheur, pilleur et guerrier. Chaque branche a sa particularité comme le combat, l’assassinat ou encore la chasse. Un système classique mais qui peut s’avérer très bien équilibré si on sait jongler entre chacune des branches.

On retrouve la traditionnelle personnalisation d’armes permettant d’améliorer les statistiques de celles-ci en utilisant différents matériaux récupérés dans la jungle. On pourra noter que le nombre d’armes dans Shadow of the Tomb Raider est bien supérieur à ses prédécesseurs, même si avec un nombre de gunfight revu à la baisse, il n’y a pas trop d’utilité à les améliorer toutes à fond.

Une des grandes nouveautés de ce Tomb Raider, c’est que vous aurez la possibilité de crafter différents costumes, et ce en chassant des animaux. Outre l’aspect esthétique (le jeu proposant à ce titre tous les costumes de Rise of the Tomb Raider si vous avez gardé votre sauvegarde), plusieurs tenues vous procureront un avantage comme une résistance accrue contre les attaques à distance ou un gain plus important d’expérience. Une bonne façon de nous inciter à farmer les niveaux pour chasser et récupérer tous les objets à collectionner et autres caches recelant expérience et argent. Une fois les poches pleines de pesos, vous pourrez vous rendre chez les marchands pour acheter des améliorations pour vos armes, des munitions, matériaux, objets de soin et plus encore. Bref, un système huilé et complet.

Shadow of the Tomb Raider conclut parfaitement cette première trilogie « reboot » entamée en 2013. Le jeu fait presque un sans-faute en poussant la formule des anciens opus au maximum tout en l’agrémentant de petits détails comme le craft de tenues. On applaudira surtout sa direction artistique inspirée et son ambiance sonore immersive, ainsi que la volonté de donner plus de profondeur à ses personnages. Il est toutefois très dommage que Eidos (sous l’égide de Crystal Dynamics) n’ait pas pris le temps d’aller au bout de ses idées en proposant plus d’homogénéité, notamment dans la technique et la mise en scène. Mais à ce niveau de qualité, nous espérons bien revoir Lara dans de nouvelles aventures, et pourquoi pas une nouvelle trilogie !

Shadow of the Tomb Raider

Shadow of the Tomb Raider
8

Lear

8.0 /10

On a aimé

  • L'ambiance sonore à couper le souffle
  • Une direction artistique inspirée et rafraîchissante
  • La verticalité des combats, bien dosée entre infiltration et gunfight
  • Des personnages plus complexes que les anciens opus...
  • L'exploration grisante et pas redondante

On a moins aimé

  • Seulement trois animations pour les visages
  • La mise en scène trop statique
  • Le martellement du bouton d'instinct de survie, insupportable
  • ... Sans pour autant faire rêver non plus

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