Test Ni No Kuni 2 – L’Avènement d’un Nouveau Royaume, édité par Bandai Namco et développé par Level-5, disponible sur Steam, testé par Lear sur PC.

C’est en 2010, avec l’aide du talentueux studio Ghibli et son réalisateur de génie Hayao Miyazaki, que Level-5 donnait vie au premier opus de Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Céleste. Celui-ci donnait l’impression de voyager dans un univers semblable au Voyage de Chihiro, et qui n’en avait jamais rêvé ? Huit ans plus tard, Level-5 revient enfin avec un deuxième opus mais cette fois sans l’appui de Ghibli. Le studio japonais a-t-il réussi à s’imprégner des œuvres de Miyazaki tout en corrigeant les erreurs du premier opus ? C’est ce que nous allons découvrir dans le test de Ni No Kuni 2 : l’Avènement d’un Nouveau Royaume.

Alors qu’il allait être roi de Carabas, lors de la cérémonie de couronnement, le jeune Evan est victime d’un coup d’état fomenté par Ratoléon, le premier conseiller de son père. Le roi Léopold est mort empoisonné par les hommes de Ratoléon. Avec l’aide de Roland, président dans un autre monde (le nôtre) d’un état fictif, ils s’enfuient de Carabas après de multiples péripéties. Il s’ensuit une quête initiatique pour Evan qui, pour devenir roi d’un royaume qu’il construira, va devoir passer par de nombreuses épreuves qui le feront grandir.

Voici le synopsis de Ni No Kuni 2, un J-RPG avec une vision très large qui touchera enfants comme adultes à travers une quête initiatique qui apprendra à Evan comment diriger son pays et permettra à Roland de réparer les erreurs qu’il a commises dans son monde. La politique, le social et l’économie sont les principaux thèmes de ce jeu aux nombreux niveaux de lecture et malgré la naïveté évidente du titre de Level-5 qui, ne l’oublions pas, reste à destination des enfants, des sujets beaucoup plus graves sont traités en fond comme le nucléaire ou encore la guerre.

test de ni no kuni 2

Mon voisin Evan

Ni No Kuni 2, c’est l’histoire d’Evan, un prince désabusé et trahi lors d’un coup d’état orchestré par les ratocrates, accompagné de Roland, président des Etats-Unis, qui assiste impuissant à l’anéantissement de son propre monde faute d’avoir su empêcher l’escalade nucléaire avant d’être téléporté via une faille dimensionnelle dans le royaume de Carabas (TGCM). L’introduction du jeu est vraiment surprenante et choquante, en plus de soulever beaucoup de questions philosophiques quant à l’avenir de notre monde. Ensemble, le prince Evan et Roland vont devoir s’enfuir du royaume de Carabas pris d’assaut par les troupes de Ratoléon (no comment). C’est avec le sacrifice de Almina, la gouvernante d’Evan, qu’ils vont réussir à s’enfuir du château. Evan fait alors la promesse de fonder un royaume d’amour et de paix, un « royaume aux millions de sourires ».

Ghibli n’est certes plus au rendez-vous mais ça n’a pas empêché Level-5 d’aller se dégoter un petit Yoshiyuki Momose des familles, ancien de la team Miyazaki, qui signe une direction artistique simplement inoubliable tant elle fait voyager et nous fait oublier le character design un peu simpliste et insipide. Le seul point noir de cet univers enchanteur, c’est la carte du monde, un système de « voyage » aux graphismes assez horribles dans lequel on contrôle des personnages en mode chibi tueur de rétine. Quand on compare ce mode voyage aux villes et aux donjons, c’est comme passer d’une Ferrari à une Renault R5. Heureusement, un mode voyage rapide a été implémenté, surement pour éviter aux joueurs d’avoir à subir ces graphismes. Il nous permet de nous déplacer aux quatre coins du monde sans encombres. Il est quand même dommage que Level-5 n’ait pas pris la peine de faire un vrai monde ouvert, ce qui aurait donné une toute autre dimension au jeu.

test de ni no kuni 2
Ni no Kuni II offre une compatibilité 4K / HDR sur PS4 Pro, ce qui permet de gagner en finesse visuelle sur le rendu dessin animé sans pour autant perdre en fluidité. Les modèles Pro offrant du multi échantillonnage depuis la mise à jour 5.50, les possesseurs d’écran 1080p auront également droit à un léger gain de finesse, même si le frame rate s’en ressent légèrement.

Ni No Kuni 2 : l’Avènement d’un Nouveau Royaume est une épopée magnifique, un conte de fées pour enfants (mais aussi pour adultes) certes simpliste mais d’un optimisme, d’un idéalisme revigorant. Le titre de Level-5 nous enverra à travers diverses contrées tout d’abord pour créer un nouveau royaume, puis pour enquêter sur des auras maléfiques qui sévissent dans le monde et empêchent la réunification des royaumes sous une même bannière, celle d’Espérance, une terre d’accueil pour tous ceux qui cherchent un nouveau foyer. Un scénario certes classique (jusqu’à un certain point du jeu) qu’on pardonnera facilement grâce à une ribambelle de mécaniques de jeu : Gestion, STR, Énigmes et surtout un système de quartier général à la « Suikoden » qui dépayse vraiment de tous les J-RPG auxquels on a l’habitude jouer. Ces mécaniques couplées à une esthétique Ghibliesque (sans Ghibli on le rappelle) absolument somptueuse et des musiques signées Joe Hisaishi font de ce jeu un des meilleurs de son genre.

Le château dans la plaine

Level-5 à décidé de complétement changer le gameplay du jeu par rapport à son prédécesseur en misant beaucoup plus sur l’action. En effet, contrairement à Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Céleste où chaque attaque passait par un menu, le deuxième opus est un action-RPG pur, où une simple pression de touche permet de lancer des attaques rapides ou puissantes (carré ou triangle) et toutes les magies et compétences s’utilisent via des raccourcis sur la touche R2 (+ Croix, Rond, Triangle ou Carré). En combat, vous avez de nouveaux compagnons : les Mousses. Ce sont de petites créatures qui ressemblent étrangement à des pikmins et qui sont liées à différents éléments (eau, électricité, plante, feu…). Pendant les affrontements, les Mousses se baladent dans l’arène et peuvent être activés à certains moments pour soigner, attaquer, augmenter l’attaque des personnages etc. En plus des Mousses, on peut aussi compter sur Hélio, le Gardien royal d’Evan, qui se balade lui aussi sur la surface de combat en balançant des améliorations, de la vie et aussi un orbe doré qui permet d’enchaîner les attaques spéciales sans perdre de PM.

Les Mousses vous accompagnent pendant les combat, débloquant l’accès à des magies et compétences.

Le nouveau système de combat permet aussi de switcher à la volée entre quatre armes équipées. Sur chaque arme, une jauge d’affinité augmente jusqu’à 100% pour ensuite se décharger d’une attaque spéciale dévastatrice. Avec toutes ces mécaniques de gameplay, il y a de quoi prévoir bon nombre de stratégies pour venir à bout de vos ennemis et tout cela s’enchaîne avec une fluidité et un dynamisme incroyable. Le jeu peut paraître « facile », et il l’est, mais il faut rester relatif avec le terme. En général, plus un jeu est bien fait et calibré dans son gameplay et moins il est difficile, sans que cela ne soit forcément un défaut. Ni No Kuni 2 n’est certes pas un Dark Souls en terme de difficulté, mais arrivé dans le contenu end-game, les éléments comme le mécarbor ou les ennemis primaux permettent malgré tout de corser un peu les choses pour ceux qui recherchent plus de challenge.

test de ni no kuni 2
Plus de 200 quêtes annexes, bien qu’il y ait beaucoup de Fedex, c’est quand même un contenu conséquent surtout pour les complétistes. Comptez aussi sur les Labyrinthes Mystiques générés aléatoirement, avec un compteur de dangerosité qui descend en échange d’orbes roses, pour se perdre quelques heures de plus dans l’univers de Ni no Kuni 2.

Attaquons maintenant la partie gestion du jeu qui, en étant plutôt simple, se trouve être ingénieuse. En effet, le mode « Royaume » a été pensé pour plaire à tout le monde, amoureux de la gestion ou non, en permettant d’installer et de gérer des infrastructures pour débloquer de nouveaux pouvoirs, de nouvelles armes et des ressources. Pour cela, vous devrez au préalable recruter des villageois après leur avoir rendu service (« allo Far cry 5 ? vous pouvez nous prêter 100/150 quêtes Fedex sur vos 2000 ? ») pour qu’ils participent au développement du royaume. Cela se traduit par le choix d’un ou plusieurs villageois pour chaque structure en fonction des compétences de chacun. Par exemple, pour le magasin de Maggie, le directeur le plus efficace c’est Maggie aux vues de ses compétences (bon ok là c’est vraiment un exemple très simple). Une fois les villageois à leurs postes, on peut lancer une recherche pour améliorer un bâtiment : bien sûr, cela coûte des pièces d’or (seconde monnaie du jeu qui marche comme un impôt qu’on doit récolter) et du temps, ce qui oblige à s’armer de patience.

Ce système nuit quelque peu au rythme du jeu car on passe régulièrement d’action-Rpg en temps réel hyper dynamique à entrepreneur qui doit attendre une demi-heure afin d’améliorer son commerce. De plus, le nombre de pièces d’or demandé pour améliorer un bâtiment est ahurissant, ce qui oblige à aller faire des quêtes fedex pour récupérer plus de villageois, ce qui veut dire plus d’impôts et donc logiquement plus de pièces d’or. Sauf que non, le nombre de pièces d’or cumulable étant limité, le titre nous oblige à revenir dans notre royaume très souvent pour collecter le pactole, sans quoi le compteur restera bloqué et on perdra de l’argent (quand on vous dit que le temps c’est de l’argent !).

test de ni no kuni 2
Le mode gestion vous permet de plus ou moins personnaliser votre royaume et de récolter bonus et autres ressources.

Si tu tends l’oreille, la musique t’enchantera

Il y a aussi des passages en Stratégie Temps Réel (STR)  : en route donc pour des batailles rangées. Celles-ci feront surement honte aux amoureux du genre mais reste un petit bonus pour le joueur d’action-RPG. On gère notre petite armée de fantassins et d’archers en temps réel avec les touches R1 et L1 pour les faire tourner autour d’Evan. Chacun des bataillons (archers, fantassins) a ses forces et ses faiblesses selon le type d’ennemi que l’on affronte, une sorte de pierre-feuille-ciseaux classique. Vous aurez également la possibilité d’utiliser des attaques spéciales, un soutien aérien ou encore un bullet time. En toute honnêteté, et même si ce mode est sympathique, il est un peu là pour décorer et n’apporte pas grand chose. Rien de vraiment attrayant si ce n’est les pièces d’or qu’on y gagne pour améliorer son royaume. De plus, les batailles se passent sur la mappemonde, celle du mode « voyage » ce qui, en plus d’être redondant, est très moche, voyez par vous-même…

Les phases STR, pas très enchanteresses ni très jolies…

Dans Ni No Kuni 2, tout ce qui concerne l’interface est stylisé et bien fait : que ce soit l’équipement, la progression des quêtes, les points de téléportation, la récolte d’items sans avoir à presser le moindre bouton, tout est vraiment simple à prendre en main. Pour ce qui est des musiques, Joe Hisaishi et l’Orchestre Philarmonique de Tokyo sont simplement magistraux… Chaque musique vient parfaitement souligner le visuel et le côté enchanteur du jeu et rend vraiment Ni No Kuni 2 encore plus vivant qu’il ne l’est déjà. La magnifique cité de Gamblor vient ainsi dérouler une partition constamment surprenante, quand la maritime Celacan arrive à évoquer la subtile mélancolie d’un royaume tourmenté où l’amour est proscrit, en citant dans une même œuvre Georges Bizet et Ennio Morricone. Pour ce qui est des doublages, il y a deux sons de cloches : le doublage anglais est sensiblement mauvais (aucune émotion dans les voix, aucune inspiration) mais heureusement, on peut compter sur le doublage japonais qui lui, est excellent. La traduction française est irréprochable, bien que quand les personnages parlent en jeu le texte défile tellement vite qu’il est quasiment impossible de tout lire. Un système de saynète à la Tales of aurait surement été plus judicieux.

Level-5, avec Ni No Kuni 2 : L’Avènement d’un Nouveau Royaume, vient confirmer une nouvelle fois que patience est mère de vertu et que tout vient à point à qui sait attendre. En effet, huit ans après un premier opus ayant partagé les critiques, et surtout sans l’aide de l’inestimable Studio Ghibli, le poulain de Level-5 prouve que les erreurs de son aîné peuvent être corrigées. Possédant une direction artistique absolument éblouissante tant elle nous fait voyager, un dynamisme dans les phases de combat digne d’un vrai action-RPG et un propos à la fois naïf et profond. Ni No Kuni 2 est un véritable conte enchanteur, capable d’éduquer les plus petits mais aussi de faire relativiser les plus grands. Le jeu a tout simplement quelque chose que peu de jeux ont : une âme. Bien sûr, ça n’efface en rien les inégalités graphiques entre le mode « voyage » et les donjons et les villes, ni les personnages un peu trop insipides et caricaturaux ou encore les quêtes Fedex trop nombreuses. Cependant, Ni No Kuni 2 possède tellement de belles qualités qu’elles prennent largement le pas sur ses faiblesses.

Ni No Kuni 2 : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

8

Lear

8.0/10

On a aimé

  • Direction Artistique "Ghibliesque"
  • Bande Originale sublime signée Joe Hisaishi
  • Le propos qui parlera aux enfants comme aux adultes
  • Système de combat rafraîchissant et dynamique
  • Le doublage japonais et la localisation française

On a moins aimé

  • Character design simpliste et insipide
  • Le mode "voyage" visuellement horrible
  • Doublage anglais pas convaincant
  • Le mode "STR" un peu inutile

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