Test de God of War, développé par Santa Monica Studios et édité par Sony Interactive Entertainment, disponible exclusivement sur PS4, testé par Vin’s.

Les jeux God of War ont toujours marqué les générations de PlayStation sur lesquelles ils sont sortis ; les deux premiers pour la PlayStation 2, God of War 3 avait mis une claque à son arrivée et marqué de son aura la PS3, et ce nouvel épisode sobrement intitulé God of War marquera à n’en pas douter cette génération de son empreinte. Cory Barlog et son équipe ont fourni un travail titanesque et exemplaire, à tous les niveaux, et le titre se veut une révolution pour la saga.

La sortie du nouveau God of War, développé exclusivement sur une PlayStation 4 au top de sa forme, n’est pas passée inaperçue. C’est le moins que l’on puisse dire. Les tests et autres critiques sont tous plus dithyrambiques et amènent le titre à une moyenne de 95% sur Metacritic ! La véritable question est donc de savoir si oui ou non les 20/20, les 10/10 et appellations de chef d’œuvre sont justifiés ? Le truc, les amis, c’est que c’est un grand oui, et pas qu’un peu ! Explications…

Comme vous avez pu le remarquer, la première chose qui frappe lors de votre entrée en matière est la caméra. Entièrement libre et proche de Kratos, elle est placée au niveau de son épaule, un peu à la manière de Resident Evil 4 et des épisodes suivants qui la reprenaient. La comparaison n’est d’ailleurs pas anodine puisque le jeu se veut une refonte complète, tout comme le titre de Capcom à l’époque. La prise de risque est réelle de la part de Santa Monica Studio, aussi colossale que le résultat qui nous est proposé. Les joueurs doivent s’habituer à cette nouvelle vue, mais aussi aux nouveaux systèmes de combat, de progression et d’exploration. Plus fou encore, le studio a choisi de grandement étoffer l’écriture du titre et de ses personnages – Kratos étant désormais toujours accompagné de son fils, Atreus.

La colère du spartiate allait-elle en prendre un coup ? Le punch et la violence des combats serait-elle au rendez-vous ? La mise en scène à l’aide de ces caméras placées judicieusement allait-elle être toujours aussi grandiloquente et épique ? Questions légitimes, mais le studio balaye toutes ces interrogations d’un revers de la main et y répond de la plus belle des manières, car c’est bien plus qui vous attend !

Le voyage d’une vie

L’histoire de ce God of War mériterait que l’on s’y penche. Parfaitement écrit, le titre se veut un voyage initiatique passionnant, dense et intelligemment pensé et maitrisé de bout en bout, et plus encore pour les plus complétistes ! Le récit ferait d’ailleurs pâlir beaucoup de scénaristes hollywoodiens, avec ses personnages à l’écriture incroyable, ses instants véritablement mémorables et ses rebondissements délicieusement préparés et mis en scène de manière superbe.

Les premiers instants du titre nous présentent un Kratos de nouveau veuf, une dizaine d’années après les événements de God of War 3, il vit désormais dans les terres nordiques de Midgard. Barbu, plus vieux, mais toujours aussi renfrogné, Kratos est cette fois-ci en plein deuil et accompagné d’Atreus, son fils. Vous n’en saurez pas beaucoup plus, du moins pour l’instant, le jeu vous laissant supputer vos théories et trouver vos réponses au fur et à mesure de votre avancée à l’orée de votre départ. La dernière volonté de votre femme était que certains arbres soient abattus pour sa crémation et que ses cendres soient dispersées au sommet de la plus haute montagne du coin. Vous voici donc parti pour un voyage dont vous allez vous souvenir pendant très longtemps.

Ensemble, les deux personnages principaux du titre seront les témoins et acteurs d’une histoire passionnante à suivre et à découvrir. Le fait d’avoir Atreus à vos côtés ne signifie pas la fin des combats violents de la série, au contraire, les premières heures vont vite vous rassurer de ce côté. Il n’y a pas de doute, vous êtes devant un vrai God of War. Non, votre fils apporte ici une strate de réflexion sur cette même violence et rage qui caractérisent Kratos, notre spartiate étant obligé de composer avec un passé torturé sans pour autant pousser son fils à embrasser le même destin. La transmission et la parentalité sont au cœur du titre dirigé de main de maître par Cory Barlog, qui a, semble-t-il, mis beaucoup de lui dans un titre plus personnel et plus touchant que ses aînés. Les épreuves se suivent mais ne se ressemblent pas pour Kratos et Atreus. Les endroits visités sont tout aussi divins que votre (anti)héros et ils ne manqueront pas de vous assener claque sur claque de par leur architecture, leur richesse et leur gigantisme qui répond parfaitement aux personnages qui y vivent.

Des personnages tout aussi réussis et plus marquants les uns que les autres. Votre rencontre avec l’étranger et son histoire tragique, la sorcière exilée, les frères nains forgerons et le magique, drôle et sage Mimir viennent enrichir un récit inoubliable aux dialogues savoureux. Le titre joue avec les ambiances et passe du dramatique à une tension palpable, en passant par l’épique tout en n’oubliant pas de distiller quelques moments drôles bienvenus et parfaitement intégrés. Les scénaristes s’arrangent aussi pour nous conter une mythologie très riche, passionnante et prennent le luxe de construire une aura très forte autour d’autres personnages bien connus de cette mythologie nordique pour le développement d’un récit plus vaste pour de futures itérations. L’histoire du titre se tient parfaitement et est un vrai bonheur !

Tu vas la prendre ta claque, oh oui !

God of War prend pari fou sur pari fou, comme celui de la narration. Entièrement pensé comme un plan séquence du début à la fin. Comprenez par là qu’aucun fondu au noir ou champ/contre-champ ne viendra s’interposer dans les cinématiques. La caméra se déplace seulement et le titre surprend de maîtrise par des cadrages sublimes et un mouvement de caméra optimal pour une mise en scène soignée et plus immersive que jamais. Le travail accompli est impressionnant tant la fluidité de l’ensemble fonctionne à merveille. Que la caméra prenne de la hauteur ou reste à ras le sol, qu’elle s’attarde sur un élément en particulier ou prenne de la distance pour un plan large ou quand elle tourne autour des dieux et autres monstres légendaires pour enfin venir se reposer derrière l’épaule de Kratos comme si de rien n’était, on ne cesse d’être impressionné. Sans que l’on y ait vu la moindre différence en termes de rendu. Bref, une vraie performance !

Le titre se paye en plus le luxe d’offrir un visuel inédit dans le monde vidéoludique grâce à un moteur de fou furieux, et excusez du peu ! La réalisation ne serait rien sans une modélisation dingue des protagonistes. La moindre boucle de ceinture, le cuir des vêtements en passant par les fourrures, la peau, le visage et les animations : c’est simplement dingue. Les décors sont d’une richesse incroyable, les effets de lumière et de particules vont vous faire halluciner, je ne peux vous divulgâcher les lieux que vous allez traverser, mais pensez bien que jamais vous n’aurez autant la bouche bée et si longtemps devant votre télévision, chaque panorama saisissant venant souligner la démesure des environnements. Sans en rajouter, le moindre détail jouit d’un travail que l’on pense dingue des artistes qui ont pu s’exprimer librement pour donner vie à un monde sans commune mesure à la direction artistique époustouflante. Un vrai trésor !

C’est God of War RPG !

Cependant la réussite ne serait pas totale si le gameplay et la jouabilité n’avaient pas suivi. Et de ce côté-ci aussi, le titre rassure par un système de combat et de progression au poil. Le premier gros point fort, c’est les impacts, renforcés par le combo animation + bruitage. C’est bien simple, chaque coup de hache, de parade/contre ou de patate de sécurité semblent animés par la rage de Kratos. Les affrontements sont jouissifs et on se surprend à guetter les cristaux verts de santé et les semblants d’arène pour pouvoir se jeter dans la mêlée avec délectation. Et ce n’est pas les combats de boss qui viendront me contredire, croyez-moi, vous n’êtes pas prêt !

À mesure que Kratos et Atreus gagnent en compétence selon votre bon vouloir, les possibilités du gameplay s’étoffent. Chorégraphié avec excellence, le jeu est doté d’animations qui s’enchainent parfaitement sans jamais venir casser la précédente. Le titre étonne aussi par la profondeur du système. Certains ennemis craignent votre hache tandis que pour d’autres vous devrez vous remonter les manches et y aller avec les poings. Le givre pour figer, le feu pour cramer les défenses, votre bouclier pour parer et contrer et les flèches du fiston par simple pression d’une touche viennent enrichir votre imagination pour vous défaire de vos opposants.

La jauge d’étourdissement des ennemis en plus de la traditionnelle jauge de vie vient apporter de la diversité et le besoin pour le joueur de s’adapter à son adversaire. Les entrées du codex écrites par Atreus regorgent d’ailleurs d’informations sur le bestiaire à mesure de vos rencontres pour vous présenter les points faibles et les stratégies à adopter. Le joueur curieux pourra d’ailleurs expérimenter dans la construction de ses combos et le jeu viendra le récompenser pour ces efforts.

Un jeu loin d’être g(k)ratos

Le système de progression, lui aussi, fait peau neuve. Une pression sur le pavé tactile vient vous mettre face à face avec un menu tout droit sorti d’un RPG avec son lot de statistiques, d’onglets et de sous onglets. Chaque ennemi abattu, action spéciale ou quête réalisée vient vous donner de l’expérience. Et c’est cette même XP qui vous servira à acquérir de nouvelles compétences bien utiles. Petite pensée pour Atreus qu’il ne faut clairement pas sous-estimer. Mais ce n’est pas seulement l’XP gagnée qui lui vaut cette appellation RPG, car les perks et autres loots font aussi leur apparition dans la saga. Ils sont classés de rare à épique selon le code couleur utilisé dans les jeux vidéo depuis quelques années, et qui dit loot dit évidement crafting.

Eh oui ! Vous avez bien lu, vous allez passer quelques heures à vous forger un équipement digne de ce nom. Un élément indispensable pour résister aux assauts de plus en plus brutaux et à l’évolution de vos copains. Il vous est d’ailleurs possible de vous écarter de l’histoire principale car Midgard est un monde ouvert dès que vous atteindrez le Lac des Neufs. Pour autant, s’écarter du chemin initial à la progression naturelle peut vous mener à des rencontres surprises. Ces combats face à des ennemis aux niveaux bien plus élevés que le vôtre sont perdus d’avance si vous n’avez pas l’équipement adéquat. Heureusement, le différentiel est indiqué sous leurs jauges de vie afin d’éviter que vous vous engagiez dans un combat inutilement complexe et fastidieux.

Votre niveau est d’ailleurs un niveau global lié à votre équipement, et chaque changement de pommeau de hache, de pièces d’armure ou d’enchantements est visible directement sur Kratos et Atreus. Ces différents éléments donnent accès à de nouveaux perks et autres augmentations qui parfois contextuels ou encore situationnels. Toujours utiles pour peu que vous adaptiez votre équipement à votre style de jeu. En fonction du votre, vous devrez trouver votre bonheur, que vous privilégiez le givre de vos attaques ou encore le cooldown de vos compétences et le traditionnel choix attaque/défense/magie, le jeu offre de très nombreuses possibilités et je vous laisse le plaisir de toutes les découvrir.

Vous l’avez compris, le nouveau titre de Sony Interactive Entertainment est beaucoup plus riche et engageant qu’il ne le laissait entrevoir. Comme souvent répété au cours de mon premier run, nous sommes devant un véritable God of War RPG à la fois grandiose, sublime et percutant. Avec un rythme bien géré, le titre est accompagné par une composition magistrale signée Bear McCreary (Battlestar Galactica, The Walking Dead) et il dispose d’une durée de vie et d’un contenu très satisfaisants. Comptez vingt-cinq heures pour le boucler en ligne droite, et facilement le double pour le faire à 100%. Peu pouvaient penser que le jeu se hisserait à un tel niveau de qualité et ce, sur tous les fronts. Les adjectifs sensationnels que vous lisez depuis son arrivée aussi bien au niveau des critiques que des joueurs sont mérités tant la surprise de la sortie, pourtant très attendue, est totale.

God of War revient après de longues années d’absence pour nous rappeler que le patron, et bien c’est le barbu taillé comme un roc pour résister aux affres du temps. Véritable refonte maîtrisée de main de maître, la PS4 tient là un chef d’œuvre comme on en voit peu au cours d’une génération. Comme les branches d’Yggdrasil, ses personnages, son écriture, son gameplay et ses systèmes sont une véritable révolution venant donner profondeur et grande richesse au titre. D’une générosité exemplaire, sa direction artistique soignée et sa réalisation viennent dépasser jusqu’aux plus hauts sommets de Jötunheim, pour atteindre les étoiles auxquelles il restera longtemps cantonné, tel la star qu’il est désormais. Vous savez ce qui vous reste à faire…

God of War

Kult
9.5

Vin's

10.0/10

Lear

9.0/10

On a aimé

  • L'écriture et la narration en plan séquence
  • Kratos, Atreus, Mimir et leur relation
  • Visuellement à couper le souffle
  • Irréprochable techniquement et artistiquement sompteux
  • Gameplay, systèmes, durée de vie, mythologie, partition musicale, doublages, difficulté, bref tout le reste !

On a moins aimé

  • Il faut un peu de temps pour s'habituer au menu d'équipement
  • Difficile de savoir où trouver certains matériaux

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