Test Birthdays the beginning, édité par NIS America, développé par Arc System Works, disponible sur Steam et testé par Polygleek sur PC. Également disponible sur PS4.

Birthdays est un god-game volontairement accessible, qui vous permet de cultiver tout un écosystème dans un monde cubique. Vous y ajustez les conditions environnementales pour permettre à la vie de germer, puis d’évoluer des premières traces de phytoplancton dans les eaux primordiales jusqu’à l’Homme moderne. Le style graphique de simpliste à kawaii est honnête : c’est un jeu qui convient à tous les âges, sans trop s’encombrer de complexités ou de réalisme.

T-Rex
La star du mid-game : le T-Rex !

L’objectif du jeu est dans son titre : générer le plus de « birthdays » (jours de naissance) possible dans son petit univers. On progresse en créant les conditions propices à l’apparition de nouvelles espèces, puis en allant les « scanner » lors des petites ballades dans notre microcosme. Le mode campagne nous confie initialement un cube de la plus petite taille, avec des objectifs précis, qu’on agrandit au fur et à mesure. Mais vous pouvez également vous lancer directement en mode libre, dans le cube de plus grand format. Ceci dit, ce n’est pas nécessairement la meilleure idée car vous n’aurez pas encore débloqué certains outils nécessaires pour modifier un environnement de cette taille dans un temps raisonnable.

Gameplay maladroit

Bien que cela puisse paraître étonnant pour un jeu de ce genre, ce titre a clairement été conçu pour être joué à la manette. En acharné que je suis, j’ai réussi à modifier les commandes par défaut au clavier et à la souris pour une expérience convenable sur PC, et il vous faudra également passer par là si vous ne voulez pas utiliser une manette. Ceci dit, ça prend 5 minutes, et après on est tranquille.

En tout cas pour les commandes, parce que l’interface laisse également à désirer. La navigation dans les menus est au mieux contre-intuitive, pour ne pas dire frustrante. Bref…

Le jeu en tant que tel se distingue en deux « modes ». Le mode micro vous permet de vous balader dans votre cube pour y modifier le terrain, scanner les nouvelles espèces apparues, utiliser des objets bonus ou tout simplement admirer le paysage. Votre avatar dispose d’une jauge de fatigue qui limite vos interactions avec l’environnement. Une fois celle-ci vide, vous pouvez la recharger avec un objet bonus parfois trouvé dans le cube ou tout simplement en passant en mode macro.

cube
Un exemple de cube de taille moyenne

Le mode macro éloigne la caméra du cube, vous affiche des statistiques sur votre monde et vous permet d’accélérer le passage du temps pour que l’environnement s’adapte à vos changements. Par exemple, si vous abaissez une grande partie du terrain, la température moyenne augmentera, mais l’augmentation n’est pas immédiate, donc il faut laisser un peu de temps s’écouler pour que cela prenne effet.

Pour faire apparaître une nouvelle espèce, vous devrez remplir un certain nombre de conditions, dont certaines sont visibles (humidité, température, altitude) et d’autres sont sous-entendues dans le texte descriptif de l’espèce (par exemple, la créature X se nourrit essentiellement de la plante Y, donc la plante Y doit être présente pour que la créature X apparaisse). C’est donc relativement simple, sauf quand il y a des conditions que rien n’indique, et c’est souvent le cas. Il vous faudra donc parfois creuser un peu internet pour savoir ce qu’il vous manque.

Concernant la navigation dans votre cube, on apprécie l’effort d’avoir fourni plusieurs filtres de carte, mais malheureusement, seul celui qui indique les nouvelles espèces est vraiment utile une fois que plusieurs centaines de créatures peuplent votre monde. Il est relativement difficile de retrouver une bestiole si elle ne vient pas d’apparaître pour la première fois, ce qui peut être très agaçant lorsque la seule manière de faire apparaître la prochaine qui vous manque est d’utiliser un objet sur celle que vous avez déjà (et oui, il y a un semblant d’ambiance Pokémon).

cube peoplé
Allez trouver une bestiole en particulier là-dedans !

Si je recommande le mode campagne plutôt que le mode libre, c’est avant tout car votre « profil » doit accumuler de l’expérience pour débloquer des outils de « grands travaux ». En effet, initialement, vous ne sculpterez le paysage que voxel par voxel, ce qui, même dans le minuscule cube du premier niveau, mettra votre patience à l’épreuve. Heureusement, on débloque assez vite les outils 3×3, puis 5×5, etc. Certains objets bonus facilitent également vos efforts de paysagiste en vous permettant par exemple de niveler une zone ou de faire jaillir une rivière (une fois que vous aurez compris le système un peu maladroit de propagation de l’eau douce). J’ajouterais que pour les plus grands cubes, même les meilleurs outils sont trop faibles, et on y passe des heures pour obtenir le paysage voulu.

mini cube
Le plus petit format de cube et un aperçu de l’interface en mode macro.

Ambiance somme toute sympathique

Comme les images le montrent, l’ambiance est mignonnette, un peu cartoon. Les animaux et les plantes sont représentés dans un style simple mais qui fonctionne, tout comme le paysage à base de voxels. Rien d’impressionnant, mais apparemment mal optimisé, car mon PC portable soufflait pas mal pour faire tourner le jeu, alors que des jeux comme Civ VI et Stellaris tournent sans problème (aucun souci sur ma tour, ceci dit). Il semblerait que la version PS4 met la console à genoux aussi, donc il y a vraiment un problème.

Un autre point qui fait tâche, c’est que de nombreuses créatures ou plantes ne se distinguent que par leur couleur et/ou leur taille, tout en utilisant le même modèle. C’est compréhensible quand il s’agit d’un ours brun et d’un ours polaire, m’enfin, on a quand même l’impression que c’est avant-tout une façon de gonfler artificiellement le nombre de créatures.

Malgré les nombreuses imperfections du titre, on se laisse volontiers happer par l’envie de remplir notre catalogue de créatures (Pokédex, quand tu nous tiens…), de dessiner de jolis paysages et d’admirer notre création.

Du côté de la musique et des effets sonores, on est clairement du côté des JRPG, y compris avec l’espèce d’elfe qui nous explique les menus et les commandes, tout en nous servant d’avatar dans le jeu.

On doit noter une chose concernant les patchs parus à ce jour : on nous fournit des éléments décoratifs à placer dans notre cube et des déguisements pour l’avatar, mais aucune correction des nombreux problèmes pourtant clairement pointés du doigt par les joueurs. C’est mieux que rien, mais voilà quoi…

Enfin, la VF m’a fait passer à la version anglaise en 10 minutes, montre en main, mais ce n’était peut-être que la première impression, je n’ai pas cherché plus loin.

Le jeu est à l’image de ce qu’un screenshot laisse soupçonner : mignon, sans plus. Personnellement, j’ai été un peu déçu par un titre qui, même en poussant, n’occupe qu’à peine une heure par euro qu’il coûte. Et c’est bien là que le bât blesse. Birthdays est un jeu limité au design très imparfait, alors que son prix n’est pas loin des AAA. Il m’a distrait un peu moins d’une quarantaine d’heures. C’est le temps qu’il m’a fallu pour débloquer toutes les créatures du catalogue, puis bidouiller un peu, et me rendre compte qu’il ne restait rien à en tirer. Ceci étant dit, lors desdites heures, on s’amuse tout de même bien et on se surprend à être excessivement heureux de voir le premier T-Rex arpenter son petit monde artificiel.

Birthdays : The Beginning

4

Polygleek

4.0/10

On a aimé

  • Le style graphique qui fonctionne
  • La fièvre Pokédexienne
  • Le terrain en voxels

On a moins aimé

  • Les commandes et l'interface misérables
  • Les contraintes à bas level
  • Le manque de richesse et de profondeur
  • Certaines créatures trop similaires à d'autres
  • Le prix, franchement arrogant

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