6 ans… C’est le temps qu’il aura fallu attendre pour enfin avoir droit à une démonstration de Cyberpunk 2077. Et quelle démonstration ! CD Projekt RED nous a régalé en proposant pas moins de 48 minutes de gameplay intense montrant une partie de la magnifique ville de Night City ainsi qu’une variété de mécaniques de jeu qu’on vous décrira plus en détail dans cette analyse détaillée.

« Le monde court à sa perte. Les Mégacorporations contrôlent tous les aspects de nos vies depuis leurs tours d’ivoires. Dans les bas-fonds, les rues sont régies par la drogue, les gangs, les prostituées high-tech et le braindance illégal. Entre les deux : la décadence, le sexe, la pop culture côtoyant violence, crimes, extrême pauvreté et chimère du Rêve Américain. Vous êtes V, un(e) cyberpunk survivant dans un monde où les guerriers cybernétiques, les netrunners surdoués et les hackers de données personnelles et confidentielles se bousculent, faites vos premiers pas pour devenir une légende urbaine. » 

Après avoir proposé un premier « vrai » trailer lors de l’E3 dernier ainsi qu’une démonstration en huit clos pour les journalistes, CD Projekt RED, le studio à l’origine de la saga The Witcher, affirmait « ne pas être prêt » à dévoiler cette démonstration au monde entier. Que nenni ! Après une pression non dissimulée des joueurs du monde entier, le studio lance un live sauvage envoyant une quantité incroyable de code avec une barre d’upgrade augmentant progressivement. Après le traditionnel troll du 99% pendant 1h, c’est 48 minutes de gameplay de Cyberpunk 2077 que nous a présenté CD Projekt ! Tout au long de cette démonstration, le studio précise que le jeu est en cours de développement et que tout ce qu’on voit à des chances d’être modifié :

« Ce que nous publions aujourd’hui a été enregistré à partir d’un jeu en plein développement. Puisque beaucoup de contenus et de mécaniques issues de la version actuelle de Cyberpunk 2077 seront probablement modifiés, nous avions décidé de ne montrer ce gameplay qu’aux journalistes. Des éléments comme les mécaniques de tir (aussi bien en termes de visuel que l’influence des statistiques RPG), le netrunning, le moteur physique des voitures, ou encore l’interface du jeu, tout est encore en phase de test et nous étions mal à l’aise à l’idée de s’engager publiquement sur un design en particulier. Des bugs d’animation aux expressions faciales des personnages encore en travail, en passant par de premières versions des lieux, tout ceci a causé de l’hésitation à montrer ce que vous êtes sur le point de voir. Cependant, nous sommes tout à fait conscients que vous êtes nombreux et nombreuses à avoir envie de découvrir ce que les journalistes ont vu. Même si ce n’est probablement pas le jeu que vous verrez à l’écran quand il sortira, nous avons tout de même décidé de partager cette vidéo de 48 minutes avec vous. C’est à cela que ressemble Cyberpunk 2077 aujourd’hui. Dites-nous ce que vous en pensez ! »

FUTURE (WO)MAN

Ceci étant dit, la première information clé révélée par les développeurs en début de présentation, c’est que Cyberpunk 2077 sera bien un FPS/RPG. Une vue à la première personne avec les caractéristiques inhérentes au RPG : points de compétences, système de levelling, création d’avatar personnalisée ou encore statistiques feront partie intégrante de l’expérience du joueur. Précisons tout de même qu’il n’y aura aucun système de classes prédéfinis : le studio compte sur un modèle de spécialisation libre, et fournira au joueur d’autres moyens d’adapter son avatar aux diverses situations.

Tout d’abord, le système de création de personnages, de ce qu’on peut voir, a l’air extrêmement complet : on peut bien entendu choisir entre homme et femme et personnaliser son personnage comme on le veut, façon Elder Scrolls. À noter que peu importe le sexe qu’on choisira, l’alias de notre avatar sera « V ». Selon des rumeurs persistantes, V viendrait du nom de code Vendetta, car le personnage principal viendrait à Night City pour une vengeance personnelle.

Après avoir choisi un avatar féminin, la démonstration commence donc avec un ascenseur qui s’ouvre sur nos deux protagonistes principaux. V et Jackie, nos deux mercenaires urbains (ou flingues à louer comme ils se nomment eux-mêmes), s’infiltrent armes en mains dans un bâtiment désaffecté qui sert de clinique à des trafiquants d’organes humains. Le ton est donné… La première chose qui nous a frappé, c’est la totale immersion apportée à la fois par la vue FPS mais aussi par le nombre de détails hallucinant à l’écran. De plus, le soin apporté à ces éléments montre le souci du détail dont fait preuve CD Projekt RED et colle réellement à l’univers qu’ils cherchent à reconstituer. Ceux qui ont déjà eu l’occasion de voir du cyberpunk (Blade Runner, Altered Carbon, Deus Ex…) s’y retrouveront forcément. Comme l’a si bien dit Bruce Sterling : « Le courant cyberpunk provient d’un univers où le dingue d’informatique et le rocker se rejoignent, d’un bouillon de culture où les tortillements des chaînes génétiques s’imbriquent. »

Cyberpunk 2077 est un RPG, et à ce titre le gameplay est pensé IN-TE-LLI-GE-MMENT ! C’est-à-dire qu’au-delà du pan pan boom boom traditionnel du jeu de flingue lambda, on a des ennemis avec des niveaux, des statistiques, des résistances et des faiblesses. On peut légitimement comparer l’interface de combat à celle de The Division, car comme dans celui-ci les dégâts sont affichés à l’écran et chaque ennemi dispose d’une jauge de vie et d’un niveau. Les ressemblances s’arrêtent pourtant là car à partir du moment où le gunfight commence, c’est d’une nervosité et d’une variété rarement égalées. Entre dashs aériens, glissades en slow motion, double saut et course sur les murs, la fluidité vous saute au yeux tout comme les différentes combinaisons possibles qui semblent infinies. En ce qui concerne les armes, le peu qu’on en voit est impressionnant : des plus traditionnelles aux plus avancées, certaines sont même capables de toucher à travers un mur ou de cracher de faibles projectiles téléguidés. Il y a même des balles rebondissantes pour cueillir l’ennemi quand il est à couvert, et le plus dingue c’est qu’on sent que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Pour ce qui touche aux compétences ou aux pouvoirs, on ne nous montre pas grand-chose mis à part l’obtention chez le doc’ (on y reviendra plus tard) d’une amélioration permettant de zoomer sur les environnements ou les ennemis pour voir leurs noms, niveaux, faiblesses ou encore s’ils font parties d’un gang (et surement beaucoup d’autres choses). Au cours de la mission, on fait aussi l’acquisition d’un bot araignée qui permet d’hacker les ennemis pour par exemple empêcher leurs armes de fonctionner. Dans Cyberpunk 2077, on sent la volonté des développeurs de créer une vraie profondeur dans le gameplay donnant aux joueurs une immersion totale.

NIGHT CITY, VILLE DE LUMIÈRE

Cette première mission de sauvetage se termine sur une rencontre avec Trauma Team, une assurance maladie privée, luxueuse et armée qui n’a pas clairement pas le temps de déconner. V version féminine se réveille, presque nue, dans son appartement aux côtés d’un inconnu… Afin de souligner ce qu’on voit à l’écran, le présentateur précise que Cyberpunk 2077 est une expérience adulte et viscérale qui nous permettra d’interagir de différentes manières avec le monde qui nous entoure et ceux qui le peuplent.

La première chose qu’on remarque dans cet appartement, c’est la photographie. Des couleurs ternes, une lumière blanche diffuse passant à travers des stores semi-ouverts. Tout nous conforte dans l’idée qu’on est bien dans du cyberpunk. Après avoir reçu un appel de Jackie nous rappelant notre rendez-vous avec le « charcudoc », V récupère son arme et il est temps de quitter l’appartement. On apprend en récupérant notre veste que les vêtements ont leurs propres caractéristiques (résistance physique, thermique, etc…) mais que notre avatar possède également une statistique essentielle : la street cred, que nous traduirons par « réputation ». En effet, dans Cyberpunk 2077, la réputation fait office d’expérience reçu en finissant diverses missions et sert à débloquer de nouveaux points de vente et d’autres contenus dans Night City. En sortant de l’appartement, on nous explique que V habite dans un immense complexe de bâtiments formant un microcosme social (groupe social représentatif de leur milieu social), et que la monnaie est appelée Eddies (argot désignant les euros-dollars).

Visuellement, Night City est tellement immense qu’analyser chaque détail reviendrait à devoir analyser toutes les cellules d’un corps humain… Cette ville dystopique futuriste, située en Californie du Nord, est simplement époustouflante : les références aux œuvres cyberpunk sont marquées, et vous feront forcément penser à Blade Runner ou encore à Altered Carbon, la série Netflix étant même du côté du post-cyberpunk. Mais le plus incroyable, c’est qu’il y a de réelles innovations, des choses inédites dans le genre. On sent que CD Projekt fait tout pour rendre l’univers crédible, en passant par la monnaie, ou encore les points de vente personnalisés aux besoins de chaque joueur, mais aussi de simples détails, tel les passages piétons qui s’allument quand on peut traverser.

cyberpunk 2077 analyse trailer
Night City est une mégalopole très verticale, conduisant le joueur à la voir souvent d’en bas ou d’en haut (depuis la rue ou les toits d’un gratte-ciel), avec un champ de vision pouvant être obstrué et compliquant donc d’autant l’exploration ou la capacité du joueur à s’y repérer — par opposition à l’univers de The Witcher 3, par exemple, reposant essentiellement sur des paysages.

Une fois le mégabuilding traversé, on arrive dans un ascenseur qui, à mesure qu’il descend, nous fait découvrir la verticalité de Night City : des voies aériennes, puis des autoroutes suspendues, et enfin les bas-fonds, dévoilés par l’ouverture des portes. De manière personnelle, je dirais que la suite est surement la plus grosse claque que j’ai prise dans le domaine vidéoludique… L’ascenseur s’ouvre donc sur des rues qui regorgent de vie, les décors sont somptueux et réalisés avec un vrai souci du détail et l’on a l’impression que tout ce qui entoure le joueur est une clé pour tirer un maximum de l’aventure. C’est à ce moment précis qu’on se rend compte que Cyberpunk 2077 est un vrai monde ouvert, fluide et dépourvu d’écrans de chargement. Le nombre de PNJ affiché à l’écran est ahurissant : ils sont tous vraiment différents et vivent leurs propre vies, rythmés par un cycle jour/nuit. Pour les personnes sceptiques sur la vue à la première personne, si cette scène avait été à la troisième personne, l’impact n’aurait pas du tout été le même. Comme le dis si bien Maciej Pietras, « la verticalité est la clef de Cyberpunk 2077. »

Nous retrouvons Jackie qui nous apprend qu’un certain Dexter DeShawn, considéré comme un ponte pour ce qui est de « régler les problèmes » , nous attend dans son véhicule et souhaite un entretien avec nous. Celui-ci nous propose un contrat qui nécessitent d’aller acheter un bot de combat appelé « flathead » à un gang. Le problème est que Dexter n’est pas en bonne relation avec eux, ce qui nous oblige à négocier avec Meredith Stout, une « Corpo Agent », qui a un contentieux avec ce gang et pourrait nous aider à récupérer ce bot. Non seulement la mise en scène de l’obtention de cette quête est géniale, mais l’écriture semble aussi soignée voir plus encore que celle de The Witcher 3, ce qu’on ne pensait pas un jour possible. Une fois la quête acceptée, nous devons encore passer à la clinique avant de rencontrer Meredith, car oui à la base c’était notre mission, ce qui prouve encore une fois l’infinité de possibilités proposées par CD Projekt.

cyberpunk 2077 analyse trailer

La clinique est l’occasion de parler de Victor, le docteur qui s’occupent d’installer les améliorations de V. Ce personnage, dans cette démonstration, est clairement une vitrine montrant toute les animations possibles chez un personnage. Effectivement, c’est bluffant de voir le réalisme et la précision dans ses mouvements alors qu’on le rappel : tout se passe ingame ! Le doc’ propose divers améliorations contre paiement. On imagine aisément que plus notre réputation sera élevée, plus le nombre d’amélioration disponible sera important. Dans cet extrait, on nous installe un scanner optique qui permettra à V de zoomer sur les éléments pour les regarder de plus près. De plus, nous pourrons également analyser des objets, obtenir des informations sur les points faibles de nos ennemis ou encore sur les gangs auxquels ils appartiennent. La deuxième amélioration est un revêtement d’arme hypodermique qui est lié au scanner et donne des informations sur les armes, tel que les munitions restantes ou le mode de tir. Vous pouvez voir au travers ces détails à quel point la crédibilité est importante pour le studio polonais, pour notre plus grand plaisir. On nous précise même qu’il existe des Charcudoc légaux et d’autres qu’on ne trouve que sur le marché noir mais qui propose des améliorations militaires.

K 2077

Maintenant que nos améliorations sont installées, il est temps d’aller au rendez-vous fixé avec Meredith. Pour cela, on emprunte une voiture de sport décrite comme survitaminée et fonctionnant au CHOOH2, le carburant du futur. La conduite à l’air plutôt classique, avec la possibilité de passer de la premier personne à la troisième (précision : cette option ne sera disponible que pour la voiture). Sur le chemin du rendez-vous, on tombe dans une embuscade par le gang combattu au début de la présentation, cela débute un gunfight impressionnant en voiture et nous montre encore la non-linéarité que le studio souhaite mettre en place au cours de votre quête. C’est certes du déjà vu, mais encore une fois la mise en scène et la fluidité de la scène rend vraiment le tout impressionnant. Une fois débarrassé des ennemis, c’est l’occasion de faire une pause pour observer une vue panoramique de Night City, qui ne fait que confirmer à quel point le monde de Cyberpunk est immense.

cyberpunk 2077 analyse trailer

On arrive enfin sur le lieu du rendez-vous, et le présentateur nous explique que beaucoup d’ennemis peuplent Night City, mais que les plus dangereux sont les méga-corpos. Et justement, l’agent que nous allons rencontrer représente Militech, une des méga-corpos les plus influente dans le secteur privé. Ce qui nous amène à rappeler que Cyberpunk 2077 est un RPG qui nécessite de se préparer correctement avant de foncer tête baissée. C’est donc l’occasion de se servir de notre scanner optique sur Meredith et ses gardes du corps et de très vite se rendre compte qu’il ne vaut mieux pas engager le combat.

C’est donc une confrontation verbale qui commence et qui permet de se rendre compte des nombreuses possibilités qui nous sont alors offertes entermes de choix de dialogue. Durant la conversation, on peut soit dire la vérité, soit mentir ou encore voler directement l’arme ennemie. Chacun de nos choix a un impact direct sur la suite des événements et amène à un embranchement différent. Dans la démo, c’est la solution passive qui a été choisie et la conversation se termine quand Meredith accepte de passer un deal avec nous et nous confie une puce de crédit pour acheter le bot de combat. Le système de choix multiples est certes déjà vu mais la précision des dialogues, les réactions des PNJ et la crédibilité de leurs comportements est si impressionnant qu’il renvoi Deus Ex a quelques encablures derrière. Reste à voir si une telle maestria tiendra durant toute l’aventure.

cyberpunk 2077 analyse trailer

Direction la planque du gang pour acheter le bot, et encore une fois plusieurs choix s’offrent à nous entre tirer sur tout ce qui bouge ou simplement tenter de négocier. Dans la présentation, on choisit la voie passive. En traversant le bâtiment pour rejoindre notre contact, on peut se rendre compte que l’endroit est une vraie forteresse et que passer en force n’aurait pas été de tout repos. On retrouve donc notre vendeur et tout se passe comme prévu jusqu’à ce qu’on se rende compte que la puce donnée par Meredith est un virus qui semble cramer toutes les technologies du gang de Maelstrom. Commence alors la plus grosse phase de gameplay de la démo dans laquelle on nous montre les différentes possibilités d’approches, notamment en déverrouillant plusieurs compétences chez V.

Ainsi, en plus de disposer de bras mécaniques qui peuvent s’enfoncer dans les murs, offrant une verticalité énorme au titre, on assiste à de nouvelles façons de combattre nos opposants. Par exemple, armé d’un fusil-mitrailleur, notre personnage peut faire rediriger les balles exclusivement vers un ennemi même en ne lui tirant pas directement dessus. Il est aussi possible de ralentir le temps ou bien de viser à travers les murs avec une arme dédiée. Le titre devrait ainsi offrir une expérience vraiment à la carte avec des dizaines d’approches et tactiques différentes en fonction des missions et situations. Et le développement du jeu est loin d’être fini…

cyberpunk 2077 analyse trailer

La démonstration se termine après être sorti du bâtiment pour valider la quête, ce qui permet de voir le niveau de Street Cred augmenter, et de découvrir Night City de nuit.

UN JEU POUR LES GOUVERNER TOUS

Cyberpunk 2077 est techniquement incroyable et on a peine à croire que ce n’est pas qu’un mirage. Et pourtant la présentation parle d’elle-même car mise à part quelques bugs et chutes de framerate totalement normales à ce stade du développement, le bébé de CD Projekt RED est simplement un monstre sur tous les tableaux. Un gameplay qui allie parfaitement nervosité et intelligence de jeu, une bonne écriture mature parfaitement ancrée dans un univers cyberpunk, une identité visuelle moderne, unique et riche en détails. Bien sûr il y a encore du travail, notamment sur les textures et la modélisation de certains personnages, mais le jeu ne sort ni demain, ni même l’année prochaine. On connaît le studio polonais pour justement prendre son temps afin d’offrir au joueur la meilleure expériences de jeu possible, ce qui rend ces 48 minutes de gameplay d’autant plus kiffante !  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Écrire votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom