Critique de Terminator Dark Fate, sorti en salles le 23 octobre 2019. Film réalisé par Tim Miller et produit par James Cameron sous l’égide de la Fox et de Skydance. Vu en 4DX.

On a longtemps attendu un sursaut de la saga Terminator, quelqu’un qui la comprendrait, peut-être attendions-nous un miracle ? Première piste, le sixième film de la saga est une suite directe de Terminator 2 : Le Jugement dernier (1991) et il fallait avoir le culot pour oublier ce qui s’est fait depuis. Ce nouveau métrage ignore donc les événements survenus dans les films suivant les deux premiers : Le Soulèvement des Machines, Renaissance et Genysis n’ont pas existé. Pourquoi pas. La bonne nouvelle qui m’a grandement fait attendre le film c’est surtout que James Cameron est cette fois-ci impliqué dans le développement du film, il est à l’origine de l’histoire et associé à la production. Alors, avons-nous enfin un bon Terminator ?

Dès l’introduction, irréprochable techniquement, un choix narratif est fait, et un choix qui va diviser. Bonne idée ou pas, reste que c’est fait. Tim Miller sait utiliser ce choix pour donner plus de profondeur à son personnage et apporter un plus à ses motivations, c’est une sorte de passage de flambeau qui doit donner un nouveau souffle à l’avenir, mais je ne suis cependant pas convaincu par la manière dont cela est traité, 30 secondes montre en main. Bref, passons au film qui suit.

« Viens avec moi si tu veux vivre »

Terminator Dark Fate est pourvu d’un rythme effréné et de bonnes trouvailles dans sa fuite en avant bardée d’action, le film ne nous ennuie guère. Quasiment dénué de temps morts et empli de références à la saga, une vraie envie de spectacle anime le réalisateur de Deadpool. Résultat : on passe un agréable moment. Le premier contrat est donc rempli, on a un film plutôt bon. Ouf ! Cela dit, Terminator ne se résume pas seulement à ça. Comme dans le deuxième épisode dont il reprend la formule, le métrage se pose quelques instants pour questionner et approfondir ces personnages. C’est au travers de dialogues entre des personnages devenus cultes que l’on retrouve parfois ce qui fait la substantifique moelle de la saga.

Vous ne pouviez pas le rater lors de la promo, les personnages féminins ne sont pas en reste dans ce nouveau Terminator. Mackenzie Davis nous offre une belle prestation dans le rôle de Grace, son personnage est séduisant, dommage que son parcours soit trop linéaire. Force est de constater que c’est Linda Hamilton qui crève l’écran. Elle est d’une justesse impériale et la preuve qu’un Terminator « 3 » sans elle n’était pas possible. L’actrice nous prouve que Sarah Connor, même à 63 ans, c’est elle !

Outre le plaisir du retour de notre survivante au destin brisée, celui d’Arnold Schwarzenegger offre lui aussi son lot de réjouissances. Ils dégagent à eux deux bien plus que le reste du casting. C’est d’ailleurs dans leur propos que Terminator Dark Fate frôle l’excellence avec cette idée d’une nouvelle raison de vivre une fois le Jugement Dernier évité et leur mission réussie / échouée. Après son évolution et son apprentissage auprès de John au cours de T2, ce T-800 offre une nouvelle facette. Le futur n’est pas écrit, et c’est les choix que nous faisons qui définissent la direction que l’on prend. Le libre arbitre nous offre donc la notion de choix. Tout comme la définition des sentiments vus par une machine, le développement de ces deux personnages amène des pistes intéressantes. Du « vrai » Terminator. Dommage que le reste des personnages ne jouît pas du même traitement.

« Il n’y a de destin que celui que l’on se forge »

Face à eux se trouve donc Natalia Reyes, qui paraît bien fade en nouveau futur de l’humanité. Son rôle est en revanche bien intégré à la dynamique que forme le trio Grace-Dani-Sarah, qui fonctionne très bien et apporte de beaux échanges. Le nouvel ennemi, nommé Rev-9 et joué par Gabriel Luna, est convaincant avec cette humanité feinte au travers de subtils rictus et expressions. Son problème réside dans son modèle, il reste trop proche dans l’idée du T-1000 de Robert Patrick, et la comparaison n’a pas lieu d’être car l’inventivité de ses capacités est souvent du déjà-vu. Seul le fait de pouvoir se dédoubler amène une vraie nouveauté, assez peu exploitée au final. Peut mieux faire.

Terminator Dark Fate est loin de réinventer la formule, et si l’action est inventive, elle est parfois trop découpée pour être bien lisible. Tim Miller n’est pas James Cameron. Ajoutez à ça des FX pas toujours bien finis et quelques facilités d’écritures et la perfection et la fluidité exemplaire d’un T2 est loin. Mais qui en doutait ? Cela ne fait pas de Dark Fate un mauvais film. La proposition est imparfaite mais des efforts ont été faits et l’impression de voir un vrai film Terminator est bien là par moments, cela reste léger, mais c’est déjà beaucoup.

Note : Avec des effets bien gérés et une immersion plus grande dans l’action, l’artifice de la 4DX était un vrai plus. Je recommande vivement si vous en avez la possibilité.

Nouvelle pierre d’un nouvel édifice, Terminator Dark Fate est un bon film d’action, décevant sur quelques choix mais réjouissant par d’autres aspects. On ne s’ennuie pas et le spectacle est au rendez-vous dans un film fidèle qui ne bouleverse pas la formule. James Cameron a annoncé qu’il faudrait au moins trois films pour raconter entièrement sa nouvelle épopée, l’avenir pourrait donc être radieux avec les quelques pistes intéressantes développées dans le propos mais qui ne sont ici pas assez soutenues. Espérons qu’il finira par reprendre les rênes de la réalisation pour le meilleur. Un petit retour donc, mais un retour quand même. Il ne reste plus qu’à voir ce que nous réserve la suite, si suite il y a…

Terminator Dark Fate

Correct
6.5

Vin's

6.5/10

On a aimé

  • Un feeling "vrai" Terminator
  • Le retour de Linda Hamilton
  • Le trio Grace-Dani-Sarah
  • L'action dépote, pas le temps de s'ennuyer

On a moins aimé

  • Miller n'est pas Cameron
  • L'intro discutable et mal traitée
  • Facilités d'écriture
  • La musique en deçà

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