La réinvention non officielle des origines du Kryptonien le plus célèbre de la planète est sortie dans les salles l’été dernier. Aujourd’hui il est disponible un peu partout, on regarde ou pas ? Petite critique de Brightburn : L’enfant du mal.

Produit par James Gunn, d’après un scénario de Brian Gunn et Mark Gunn, le métrage réalisé par David Yarovesky oscille entre le bon, le correct et le malheureusement très moyen par moment. À classer dans le genre horrifique et super-héros, le film souffle le chaud et le froid pour les amateurs. Réussi dans son côté science-fiction, pourvu d’une réalisation efficace, d’une photographie et d’une imagerie très Man of Steel, c’est surtout par le jeu de ses acteurs que Brightburn devient excellent.

Original dans son pitch, moins dans ses événements. Le film vient en fait trop vite s’enfermer dans une boucle narrative « altercation -> vengeance » ou s’enchaînent les morts. Cependant cette faiblesse narrative fait de Brightburn un plaisir coupable. Avec des morts bien gores (un peu gratuitement il faut l’avouer) et des pouvoirs de plus en plus impressionnants, notre curiosité est bien éveillée. On a envie de voir comment tout cela se déroule et où cela nous amène, que ce soit pour Brandon tout comme pour ses parents. Une réussite pour un film qui parvient donc à nous tenir un minimum en haleine, au regard d’une attente de surprises qui finalement ne viennent pas.

La famille Breyer, au centre de l’histoire, offre de bons moments. La mère trop protectrice et qui refuse de voir la vérité est incarnée par Elizabeth Banks, crédible dans ces réactions car cet enfant a toujours été son souhait le plus cher et ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ? Le père quant à lui, plus pragmatique, est aussi très bien interprété par David Denman, avec des réactions réalistes et une complicité, un lien avec sa femme qui fonctionne. Brandon est remarquablement joué par Jackson A. Dunn, qui arrive à être un enfant à la fois intriguant, effrayant, et innocent selon les situations. Des performances difficilement critiquables donc, dommage que l’écriture ne suive pas toujours et que le rythme en dents de scie gâche un peu la fête.

Dans certains dialogues et situations le film énerve, avec des réactions bizarres de ses personnages. Si la réaction des parents face aux changements de leur fils est réussi, bien que la mère insiste quand même pas mal compte tenu du contexte, les personnages secondaires ne sont que de la chair à canon et on ne s’y attache guère. Le manque de budget n’explique pas tout, et certaines choses auraient mérité d’être plus développées. Certaines scènes s’éternisent un peu inutilement et les ficelles sont parfois grosses dans le déclenchements du mal avec des facilités d’écritures criantes. Il est aussi dommage que le film n’essaie jamais de raconter plus que son postulat de départ, un superman devenu sociopathe. Le résultat n’est au final qu’un slasher inoffensif et correct, alors que le potentiel eut été bien plus grand. Reste que le final sait cependant monter en puissance et vient nous délivrer un générique génial et prometteur.

Brightburn est un film plaisant, divertissant par moments. Les fans de cinéma d’horreur et de super-héros devraient aimer la proposition, bien qu’elle se cantonne du minimum et n’essaye pas d’aller plus loin que son postulat. Original de par sa réinvention du mythe Superman, ce slasher fonctionne et laisse espérer que cet univers « héros méchants » pourra se développer et apporter une autre vision aux univers super-héroïques, un peu dans la ligné du coup de poing The Boys mais sans sa portée et ses propos.

Brightburn : L'enfant du mal

Correct
6

Vins

6.0/10

On a aimé

  • Bons acteurs principaux
  • Intriguant avec un côté plaisir coupable
  • Empreinte science-fiction réussie
  • Quelques atouts visuels

On a moins aimé

  • Grosses facilités d'écritures
  • Aurait pu aller bien plus loin
  • Le manque d'ambition
  • Sans génie

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