Quatre ans après le Suicide Squad de David Ayer, Harley Quinn est de retour dans Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn pour s’émanciper à gros coups de pied dans la fourmilière. Toujours interprétée par Margot Robbie, elle s’est débarrassée du Joker mais a trouvé des copines pour botter du méchant tout en s’amusant.

Avec le retour de Captain Boomerang et de Rick Flag (Jai Courtney et Joel Kinnaman) sous la houlette de James Gunn dans la suite soft reboot à venir The Suicide Squad, Harley Quinn est la seule à avoir assez engrangé d’enthousiasme de la part des spectateurs pour prétendre à avoir son film. Avec Magot Robbie associé à la production et dans les temps modernes ou il fait bon tabler sur le féminisme, le studio lui accorde donc le droit à un film solo. Il faut dire que la belle à la cote chez les fans de Batman depuis son apparition dans la série animée des années 90.

Enfin solo, c’est vite dit, car aujourd’hui l’ex du Joker est accompagnée de Huntress, Black Canary, Cassandra Cain et Renée Montoya. Ces quatre demoiselles sont donc les nouvelles copines de Harley dans ce qui se veut une étape très colorée pour la réconciliation de DC et de ses spectateurs après l’échec retentissant de Justice League et du DCEU. Avant Wonder Woman 1984 qui arrive en Juin, DC nous sert donc un divertissement pur jus et résolument pop. Un postulat certes intéressant et un résultat surprenant dans bien des aspects mais qui n’évite pas des maladresses.

Harley Queen et sa cour (de récré)

Comme je vous l’ai dit, Birds Of Prey surprend, et de bonne manière. Ce n’est certes pas le projet le plus complexe niveau scénario de l’année mais la réalisatrice Cathy Yan s’attèle à rendre son trip divertissant, et en cela la mission est réussie. Elle peut néanmoins remercier son staff technique. Avec Matthew Libatique comme directeur de la photographie, vos rétines vous disent merci. Usant d’une grande palette de couleur chatoyantes et vibrantes, le film joue avec ses décors baignés dans de multiples lumières, ombres et reflets. Avec des ambiances différentes empruntées à d’autres genres, le film tient une identité visuelle forte que l’on devinait déjà à la vue de la bande-annonce.

Généreuse, Cathy Yan donne une énergie folle à certaines séquences du film avec beaucoup de cris, de ralentis et de grosses mandales. C’est là qu’est certainement intervenu Chad Stahelski, réalisateur des John Wick, coordinateur des cascades et de la seconde équipe. Le technicien, grâce à une inventivité et à une véritable lisibilité dans le découpage et les combats, vient mettre des paillettes dans la vie du film. Un coup de maillet fort appréciable.

L’équipe comme les acteurs se sont amusés à faire le film et transmettent ce plaisir au spectateur qui, mangeant son pop-corn tranquille devant de bonnes bastons et certaines scènes originales passe un bon moment. Et puis c’est toujours sympa de retrouver les patins à roulettes. Sans pour autant être étalée de façon gratuite, la violence est bien présente et parfois cartoon dans l’esprit. Le Rated R du film est bien utilisé et montre comment cela sert plutôt l’identité de DC.

Les L5 ont changées et sont de retour ! Encore ^^’

Un chasseur sachant chasser sans sa hyène est un bon chasseur

Le côté fofolle de Harley un peu trop accentué, tout comme le côté clip des années 90 et une narration inutilement complexifiée à coup de flash-back et d’ellipses viennent ternir un tableau qui aurait pu être bien plus beau. Bourrée à ras bord, le film est trop souvent haché sans que cela n’apporte de véritable plus-value au scénario. Le film ne raconte déjà pas grand-chose. Trop branché sur MTV en permanence, il en devient difficile d’écouter la partition de Daniel Pemberton.

La fifille à sa moman

C’est aussi à l’image de son protagoniste, certes, mais ce côté joyeux bordel en devient assez forcé. Le personnage en fait trop, surtout dans son premier acte, où la narration de Harley en voix off est très présente, et où les ellipses n’aident pas à s’accrocher. À force de trop en faire, bien des blagues tombent à plat et l’humour de Harley en devient le plus souvent lourd, c’est plutôt dommageable.

Oui on sent que l’opportunisme du film sur le féminisme est aussi subtil que l’infiltration d’un mammouth en territoire hostile mais c’est plutôt en retrait au final, car ses « héroïnes » ne sont pas caractérisées comme des véritables bonnes personnes, contrairement au Suicide Squad de Ayer. C’est plus la posture provoc’ à deux francs six sous qui finit par déranger et qui est inutile. Mis bout à bout, tous ses petits défauts viennent surtout s’apparenter à des grains de sables venus gêner un engrenage pourtant bien huilé autrement.

Niveau casting, pas vraiment de fausse note mais les fameux oiseaux de proies qui donnent leur titre au film ont un temps d’écran très inégal. Mary Elizabeth Winstead en Huntress et celle qui s’en sort le mieux, elle parvient à être le personnage le plus intéressant dans son arc en forme de film de vengeance, alors que c’est la moins présente. Jurnee Smollett-Bell se détache également en une Black Canary crédible. Rosie Perez est volontairement caricaturale est son rôle fonctionne bien, pauvre victime d’un patriarcat montré de façon comique et sans lourdeur. Ella Jay Basco tient plus du MacGuffin (comprenez objet narratif) mais arrive à ne pas trop énervé, et c’est déjà ça de pris. Niveau méchant on tient un Ewan McGregor en forme qui s’amuse en Roman Sionis maniéré mais Chris Messina, en revanche, interprète un Victor Zsasz plutôt en retrait, un vrai second couteau.

Attention chérie ça va couper

Avec un cahier des charges que j’imagine bien rempli et malgré tous ses défauts énervants, Cathy Yan et son équipe livre un film d’action plaisant, qui fonctionne lorsqu’il ne se prend pas au sérieux. Les codes du film de gangster sont présents et le casting se déploie à donner sa bonne humeur à l’ensemble.

Et le DCEU dans tout ça ?
L’univers étendu a vraiment laissé des traces chez Warner, et même s’il n’est pas renié, seuls quelques clins d’œil subsistent. Dans les faits, ce Birds of Prey est déjà un peu un reboot de Suicide Squad, avant que The Suicide Squad ne vienne en rajouter une couche. On verra bien par la suite ce qu’il en est réellement.

Birds of Prey parvient à surprendre grâce à ses côtés charmant, créatif, fun et techniquement propre. Le métrage de Cathy Yan est coloré et joue avec ses spectateurs, il ne bouleverse pas grand-chose mais offre une proposition différente et ludique. Dommage que ses ambitions scénaristiques ne soient pas plus poussées. Tourné vers le film de gangster matinée de comédie d’action, le métrage comprend son personnage et Cathy Yan donne un film qui lui ressemble, dans ses bons comme mauvais côtés. Des débuts plus maitrisés, quelques lourdeurs en moins et un scénario plus poussé auraient donné un bien meilleur film. Dommage qu’il ne prenne pas assez le temps, avec ce montage clip musical fatigant et son premier acte brouillon. Grâce à ses scènes d’action, le film finit par trouver son La après. Birds of Prey (Et la fantabulause histoire de Harley Quinn) est un divertissement, parfois très beau, parfois très ludique, qui vient apporter une proposition différente et s’affirme comme un trip satisfaisant. Comme quoi, dès que les budgets sont réduits, Warner sait lâcher un peu la bride à ses créateurs.

Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn)

7

Vin's

7.0/10

On a aimé

  • Le style visuel
  • Une maîtrise de l'action plaisante
  • Ludique dans son approche
  • Des acteurs qui s'amusent
  • Le film ressemble à son personnage...

On a moins aimé

  • ... dont il reprend certaines lourdeurs
  • Un premier acte brouillon et haché
  • Le côté clip musical fatigant
  • Le scénario prétexte

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